
La Maison du Sabotier de Jolimetz est l'un des plus anciens témoignages du patrimoine rural du Pays de Mormal. Cette ancienne longère, autrefois occupée par un maître sabotier travaillant le bois de la forêt voisine, illustre la vie artisanale et agricole des siècles passés. Menacée de disparition après plusieurs décennies d'abandon, elle a fait l'objet d'une restauration exemplaire qui lui a permis de retrouver son aspect d'origine et de devenir aujourd'hui un lieu de mémoire et de valorisation du patrimoine local.
La Maison du Sabotier avant et après la restauration. Coté-Sud et ci-dessous coté-Nord.
Histoire de la Maison du Sabotier à Jolimetz.
La Maison du Sabotier est l'un des bâtiments patrimoniaux les plus emblématiques de Jolimetz, petit village situé en bordure de la Forêt de Mormal.
Une demeure très ancienne.
Située à l'angle de la rue Coulon et de la Chasse Michel, cette ancienne longère est probablement antérieure au XVIIIᵉ siècle, même si sa date exacte de construction reste inconnue. Son architecture traditionnelle — murs en torchis, tommettes rouges et toiture très inclinée — correspond aux plus anciennes chaumières de l'Avesnois.
La maison d'un maître sabotier.
La demeure appartenait à Hippolyte Verchain-Wilmart, maître sabotier de Jolimetz. Les archives indiquent qu'il y exerçait son métier au moins depuis son mariage en 1780. La proximité de la forêt fournissait le bois nécessaire à la fabrication des sabots, activité essentielle dans les campagnes avant l'industrialisation.
Un rare témoin du passé rural.
La maison est l'une des dernières longères traditionnelles conservées dans le village. Après avoir traversé les guerres qui ont marqué la région, elle est devenue un témoignage précieux de la vie quotidienne des habitants vivant des métiers de l'agriculture, du bois et de la forêt.
L'abandon puis le sauvetage.
Après avoir été connue sous le nom de Maison Pépin, du nom de son dernier occupant, elle est restée abandonnée pendant plus de vingt ans et menaçait de disparaître. Face à son état de dégradation avancé, la commune a lancé un vaste projet de sauvegarde avec l'aide de la Fondation du Patrimoine, de la Région Hauts-de-France et du Département du Nord. L'architecte du patrimoine Jean-Bernard Stopin a conduit la restauration en s'appuyant sur des modèles anciens afin de retrouver l'apparence d'origine du bâtiment, notamment son spectaculaire toit de chaume.
La renaissance de la Maison du Sabotier.
Restaurée dans son état historique, la maison accueille désormais :
• un espace consacré aux métiers anciens et au travail du bois ;
• une bibliothèque ;
• des locaux associatifs et culturels ;
• des animations autour du patrimoine rural de l'Avesnois. Elle a été inaugurée le vendredi 29 mai 2026.
Pourquoi elle est importante.
La Maison du Sabotier n'est pas seulement une vieille maison : elle représente la mémoire d'un village dont l'économie était autrefois étroitement liée à la forêt et aux artisans du bois. Sa sauvegarde permet de transmettre aux générations futures un exemple authentique de l'habitat rural ancien du Pays de Mormal.




Le sabotier occupait autrefois une place essentielle dans la vie des villages de l'Avesnois. Profitant de la proximité de la forêt de Mormal, il transformait principalement le hêtre en sabots destinés aux agriculteurs, ouvriers et habitants de la région. À l'aide d'outils spécialisés, il façonnait chaque paire dans un bois encore vert avant de la laisser sécher. Jusqu'au début du XXᵉ siècle, le sabot demeura la chaussure la plus répandue dans les campagnes et fit vivre de nombreuses familles installées aux lisières de la forêt.






La cheminée de l'espace musée.

La restauration de la charpente et de la couverture en chaume a constitué l’une des étapes majeures de la sauvegarde de la longère. Les artisans ont procédé à la consolidation et au remplacement des éléments les plus altérés, tout en préservant au maximum les pièces anciennes encore saines. La nouvelle couverture en paille de chaume, réalisée selon les techniques traditionnelles, redonne aujourd’hui au bâtiment son aspect d’origine. Au-delà de ses qualités esthétiques, le chaume offre une excellente isolation naturelle et témoigne d’un savoir-faire ancestral longtemps répandu dans les campagnes. Cette restauration permet ainsi de transmettre aux générations futures un précieux exemple du patrimoine rural et des métiers qui l’ont façonné.
Le sabotier au XVIIIᵉ siècle. Cette planche de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert (vers 1765) illustre les différentes étapes de fabrication des sabots ainsi que les principaux outils du métier. Dessinée par Louis-Jacques Goussier et gravée par Robert Bénard, elle témoigne de la précision avec laquelle les encyclopédistes ont voulu documenter les savoir-faire artisanaux de leur temps. On y voit le sabotier travaillant dans une cabane forestière, à proximité du bois qu'il transforme en sabots, échalas et autres ouvrages de fente.

Situé au cœur de l'Avesnois, le
massif forestier de Mormal est le plus vaste espace boisé des
Hauts-de-France. Il s'étend sur près de 9 100 hectares
et constitue l'un des derniers vestiges de l'immense forêt
Charbonnière, qui recouvrait une grande partie du nord de
la Gaule après la dernière glaciation. Au fil des siècles, les
défrichements agricoles ont réduit cette forêt primitive, laissant
subsister ce remarquable massif que nous connaissons aujourd'hui.
La forêt est dominée par le chêne pédonculé,
accompagné de hêtres, charmes, frênes, érables, bouleaux, merisiers
et aulnes. Cette diversité d'essences abrite une faune
exceptionnelle, avec notamment le cerf élaphe, emblème de Mormal,
ainsi que les chevreuils, les sangliers et de nombreuses espèces
d'oiseaux.
Mormal est aujourd'hui un véritable paradis pour les amoureux de
la nature. Des dizaines de kilomètres de sentiers permettent
de découvrir ses grandes futaies, ses drèves rectilignes, ses étangs
et ses clairières. Parmi les itinéraires les plus appréciés figurent
le sentier des Nerviens, qui rappelle le peuple
gaulois ayant occupé la région, le circuit des Pâtures,
ou encore la Boucle des Géants et des Clairières,
accessibles aux randonneurs de tous niveaux.
La forêt de Mormal est aussi une terre de mystères. Depuis des siècles, elle nourrit l'imaginaire populaire. Les anciens racontaient que certaines clairières étaient fréquentées par les fées, que des loups hantaient les sous-bois et que des voyageurs imprudents pouvaient y croiser le fantôme d'un chevalier ou entendre, les nuits de brume, le galop de la Chasse fantastique. Une vieille tradition évoque également une bataille légendaire entre le roi Ursus et la reine Ursa, dont les guerriers auraient été honorés par la plantation de chênes et de hêtres. Ces récits, transmis de génération en génération, contribuent encore aujourd'hui au charme mystérieux de Mormal.
Entre patrimoine naturel, histoire millénaire et légendes, la forêt de Mormal demeure un lieu privilégié où se rencontrent nature, mémoire et imaginaire. Chaque promenade invite à découvrir un paysage préservé qui continue de fasciner les visiteurs au fil des saisons.
Espace 4





La découverte de cette pièce de monnaie de 1855 à l’intérieur de la charpente n’est sans doute pas le fruit du hasard. Il était autrefois courant que les charpentiers laissent un témoignage discret de leur passage lors de l’achèvement d’un ouvrage : une pièce, un objet personnel, une inscription ou parfois un document. Ces « marques de chantier » constituaient une manière de signer leur travail et de transmettre aux générations futures le souvenir de ceux qui avaient participé à la construction ou à la restauration de l’édifice. Cette pièce à l’effigie de Napoléon III représente ainsi un précieux témoin du savoir-faire et de l’histoire des artisans qui ont œuvré sous cette charpente il y a plus de 170 ans.





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