
L'Écomusée de l'Avesnois, situé à Fourmies, est un musée unique dédié à l’histoire du textile et de la vie sociale de la région. Installé dans l'ancienne filature Prouvost-Masurel, en activité de 1874 à 1978, il présente une collection impressionnante de machines textiles, allant de la laine brute du mouton jusqu'aux produits finis. Le musée illustre l'évolution des techniques de filature et de tissage du XIXe au XXe siècle, mettant en valeur l'importance de Fourmies, autrefois un centre mondial de la laine peignée. Le musée offre également une immersion dans la vie sociale de l’époque, avec des reconstitutions d’un estaminet, d’intérieurs ouvriers, et de scènes de la vie quotidienne à la fin du XIXe siècle. L’Écomusée propose des démonstrations en direct et dispose de la plus grande collection de machines textiles en fonctionnement en France, permettant aux visiteurs de découvrir de manière interactive le processus de fabrication. Un espace dédié aux expositions temporaires et des ateliers pratiques complètent l’expérience, offrant aux visiteurs une plongée dans l’histoire et le patrimoine industriel de l'Avesnois.

Si vous passez dans notre belle région qu'est l'Avesnois, ne la quittez pas sans avoir visité l'Écomusée de l'Avesnois situé à Fourmies. Ce musée a une âme, et en se laissant aller, on peut parfaitement s'imaginer quelques décennies en arrière au milieu de ces hommes et de ces femmes qui ont tant donné dans ces ateliers. Il est notre histoire et c'est leurs rendre hommage que de le visiter.

Le parc machines est toujours en fonctionnement. Lors de moment dédiés à la fabrication, le fonctionnement d'une partie d'entre elles permet aux visiteurs de comprendre les différentes étapes d'élaboration des fils et des tissus. Certaines fonctionnent en continu durant les heures d’ouverture. L'Écomusée de l'Avesnois possède la collection de machines textiles 1850-1970 la plus importante en France.


Installé dans une ancienne filature ( Prouvost-Masurel ) qui a fonctionné de 1874 à 1978, le musée du Textile et de la Vie Sociale de Fourmies présente la chaîne complète de fabrication, de la laine brute du mouton au produit fini. Témoin de l’époque où Fourmies était centre Mondial de la Laine Peignée, il traite également de la réalité sociale du XIXème siècle. Les salles d'exposition regroupent un important parc de machines de filature et de tissage représentatives de l'évolution des techniques de la seconde moitié du XIXè siècle jusqu'aux années 1970.

Dernière préparation de la laine cardée. Cette machine affine le cardage des mèches de laine avant le passage au renvidage (filage par torsion).
Fonctionnement: Deux rateliers de bois, les "cantres", de 10 bobines chacune alimentent la carde. Les mèches de laine sont entraînées par un cylindre de cuir sur le tambour central. Elles passent par trois "cylindres travailleurs", un "cylindre volant" et un "cylindre peigneur". Après un passage entre les manchons frotteurs en cuir et un guide-fil, elles s'enroulent sur le dernier cylindre de bois.
Don de la filature de laine Ets Chenu. (Balanod, Jura)
Le vacarme d'une seule de ces machines en marche (qui sont par ailleurs de véritables merveilles de technologie) peut laisser supposer ce qu'étaient les conditions de travail de l'époque. Il faut aussi savoir que hommes, femmes mais aussi enfants, y travaillaient dans la chaleur et l'humidité 12 heures par jour et ce, six jours par semaine.






L'Ecomusée de l'Avesnois propose également les reconstitutions d’un estaminet, d’un intérieur ouvrier, d’une salle de classe et d’une rue pavée avec ses magasins. Elles dévoilent les difficiles conditions de la vie quotidienne à la fin du XIX ème siècle. Pour nos anciens, c'est à coup sûr la séquence émotion de la visite.




La rue pavée avec ses échoppes et la présentation des métiers gravitant autour de la filature (bonneterie, mécanique, repasseuse…) donne maintenant accès à un espace dédié aux expositions temporaires.



Paul Génestin, pionnier de l’automobile à Fourmies
Paul Génestin (1881-1934) est l’une des figures les plus marquantes de l’histoire industrielle de Fourmies. Passionné de mécanique dès son plus jeune âge, il commence par imaginer et mettre au point plusieurs inventions techniques avant de se tourner vers l’automobile.
Ancien marchand de cycles, il fonde en 1922 la Société des Automobiles P. Génestin à Fourmies. Son entreprise fonctionne selon le principe du constructeur-assembleur : il achète moteurs, châssis et divers composants auprès de fabricants spécialisés, puis fait réaliser les carrosseries par des artisans locaux. Les voitures Génestin sont réputées pour leur robustesse, leur qualité de fabrication et leur confort.
Pour faire connaître sa marque, Paul Génestin engage ses automobiles dans de nombreuses compétitions. Ses voitures remportent plusieurs épreuves régionales et connaissent leur plus grand succès avec la victoire au prestigieux Grand Prix des Frontières à Chimay, en Belgique, en 1927. Ces exploits contribuent à bâtir la réputation de la marque dans le Nord de la France et en Belgique.
Durant les années 1920, l'entreprise emploie jusqu'à une centaine de personnes et produit un peu plus d'une centaine de véhicules. Cependant, la concurrence des grands constructeurs industriels comme Citroën et Renault, ainsi que la crise économique de 1929, entraînent la fermeture de l'usine.
Ruiné, Paul Génestin quitte alors la France pour le Maroc où il travaille comme mécanicien. En 1934, il se blesse en remontant un moteur ; la blessure s'infecte et il meurt d'une septicémie à Casablanca à l'âge de 53 ans.
Aujourd'hui, son souvenir demeure très vivant dans l'Avesnois. Grâce au travail de passionnés et de bénévoles, plusieurs automobiles Génestin ont été retrouvées, restaurées et conservées à l'Écomusée de l'Avesnois, où un espace permanent est consacré à cette aventure automobile exceptionnelle.

Lorsque nous avons découvert cette automobile, elle était, pour nous, bien plus qu’un simple véhicule ancien ; c’était une Génestin
! À l’origine, une berline mise en circulation en 1927, elle a
probablement été transformée en camionnette pendant la Seconde Guerre
mondiale pour permettre à son ancien propriétaire, un agriculteur dans
le Cantal, d’obtenir de précieux bons d’essence. Une nouvelle vie, plus
humble, mais ô combien essentielle !
Le temps a passé, ce véhicule a
changé plusieurs fois de mains avant que nous ne parvenions à retrouver
sa trace. En 1996, nous intégrions ce trésor mécanique dans les
collections de l’écomusée. Une décennie plus tard, grâce à une
souscription publique et à un formidable élan populaire, nous, les
bénévoles, avons pu nous atteler à sa restauration. Tout fut démonté,
nettoyé, vérifié : la partie mécanique et le châssis, les boiseries, la
carrosserie. C’était un travail de passionné mais il fallut cependant
l’aide d’artisans talentueux pour la remise en forme de la carrosserie,
pour l’habillage extérieur de l’habitacle et la sellerie.
Nous avons
donné à cette camionnette le nom rural et poétique de «Moutonnière»,
un clin d’œil à l’anneau d’attelage pour animaux percé à l’avant du
plateau de transport et à une lettre comportant l’inscription «désinfecté».


Construite en 1927, cette limousine, assez éloignée de l’image de luxe que ce terme évoque aujourd’hui, était en réalité une automobile familiale. Le terme limousine désigne une carrosserie fermée, avec six glaces sur ses côtés et pensée pour offrir un large espace intérieur à ses passagers.
Elle fut la dernière automobile Génestin à intégrer les collections de l’écomusée de l’Avesnois, après avoir été découverte par Daniel Lagneau, grand érudit et passionné de la marque Génestin, collectionneur de son héritage. L’acquisition de la limousine fut rendue possible grâce au soutien de Christian Delhal.
Lorsque la limousine est arrivée, nous en avons restauré le châssis-moteur, avec la même passion bénévole qui anima la renaissance de la Moutonnière. L’habitacle, hélas très détérioré, a été démonté dès son arrivée. Toutefois, cette carrosserie « en kit » met en lumière le remarquable travail de menuiserie et de sellerie, nécessaire à la fabrication d’une automobile dans les années 1920. Nous avons ainsi fait le choix de conserver cette automobile démontée et d’exposer, dans toute sa splendeur, l’ensemble châssis moteur, tels qu’ils pouvaient être produits par les ateliers Génestin.


Ce magnifique monument, a été mis en circulation en 1925. Elle a appartenu d'abord à Charles Delhal, beau-fils par alliance de Paul Génestin, puis à Marcel Proisy, mécanicien des ateliers Génestin. Dans les années 2000, grâce aux recherches infatigables que nous, les bénévoles, avions menées, cette automobile ressurgit de l'oubli, dans un état remarquable, chez un collectionneur anglais du nom de Victor Holiday, un britannique attachant, qui accepta de venir présenter la torpédo à Fourmies en 2006, à l'occasion d'un événement en hommage à Paul Génestin que nous organisions. Ému par l'accueil chaleureux des bénévoles et des habitants, Victor Holiday nous fit une promesse : celle de ne vendre cette voiture qu'à l'Écomusée de l'Avesnois lorsqu'il déciderait de s'en séparer.
Promesse tenue ! En 2014, la Torpédo Génestin fut acquise par l'Écomusée grâce au don généreux de Christian Delhal, descendant de Charles Delhal, et son épouse. Nous avons alors embarqué pour l'angleterre et, au terme d'une belle aventure humaine, avons rapatrié cette automobile mythique dans la ville qui l'a vue naître.
Avec ce retour, une page d'histoire s'est tournée pour en écrire un
nouveau chapitre.


L'Ecomusée, c'est également l'évocation de la fusillade de Fourmies (1er Mai 1891) lorsque la troupe équipée des nouveaux fusils Lebel et Chassepot tire sur la foule. Les affrontements se soldent par neuf morts, dont quatre jeunes femmes et un enfant.



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