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Houdain lez Bavay

En long, en large et en travers.

Répertoire des villes et villages de l'Avesnois.

Noyelles sur Sambre, village de l'Avesnois

Habitants : Noyellais, Noyellaises
Code postal : 59550
Nb d'habitants en 2017 : 278
Superficie : 6,49

Mairie de Noyelles sur Sambre : 2, rue de l'École

Horaires d'ouverture :
Lundi : de 08h30 à 12h00 et de 13h30 à 16h00
Mardi au Jeudi : de 13h30 à 16h30
Vendredi : de 13h30 à 16h00

Tél : 03 27 67 39 93
Fax : 03 27 67 47 29

Mail : mairie.noyelles.sambre@wanadoo.fr
Blason de Noyelles sur Sambre
Localisation sur carte du patrimoine de Noyelles sur Sambre : Ici

Source Gallica, Bulletin de la Commission historique du département du Nord - 1866, et annuaire statistique du département du Nord - 1838 (textes numérisés)
Noyelles sur Sambre, noms anciens : Noyella, 1131, Charte de l'évêque Liétard. - Noielle, 1186, J. de G., Ann. du Hainaut, XII, 339. - Noïelle, 1237, Bulle du pape Grégoire IX. - Noielles, 1258, Cart. de l'abb. de Maroilles. - Noyelles, 1295, Lettre de Gilles de Berlaimont. - Noyelles-lez-Dompierre.
Monuments : Emplacement du château-fort de Sassogne, construit au XIIe siècle par Nicolas, seigneur d'Avesnes. Restes de la maison-forte de Renaut-Folie, qui existait déjà en 1245.
Vis-à-vis la porte de l'église, dans la muraille du cimetière, une belle pierre tombale de 1452, portant, avec une inscription en caractères gothiques, sept personnages sculptés.
Église reconstruite en 1785.
Faits historiques : Le village de Noyelles est très-ancien; son origine remonte au règne de l'empereur Lothaire, vers l'an 850. Des chartes de 920 et 921 de Louis-le-Débonnaire et de Charles-le-Simple l'ont rattaché à l'abbaye de Maroilles, de laquelle il a constamment dépendu jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Cette commune a souvent eu des procès à soutenir contre les moines de ce monastère, dont les exigences outrées les ont fait détester de leurs vassaux. Elle a été à différentes époques le théâtre de guerres de partisans et particulièrement dans les 15e, 16e et 17e siècles.
Des lettres de Guillaume, comte de Hainaut, de la St Jean Baptiste 1320, portent vente au profit de Jean de Berlaimont, clerc du roi de France, des terrages et autres revenus qu'il avait au terroir de Noyelles, sur la rivière Helpe et près de l'abbaye de Maroilles.
Le hameau de Renaud-Folie, dépendant de la commune de Noyelles, a tiré son nom de la ferme qu'y possédait l'abbaye de Maroilles.

Eglise de Noyelles sur Sambre


Eglise de Noyelles sur Sambre, statue
La vierge et l'enfant en bois polychrome.

Eglise de Noyelles sur Sambre
La nef et le choeur avec les voûtes en bois brut.

Le hameau de Sassogne, où était situé l'ancien château du même nom, n'a été rattaché au village de Noyelles que lors de l'établissement du cadastre ; il dépendait antérieurement de la commune de Dompierre.
Le château de Sassogne construit au XIIe siècle par Nicolas, seigneur d'Avesnes, à peu de distance de la Sambre, était très fortifié : quatre grosses tours placées aux angles en défendaient l'approche, et l'on ne pouvait y pénétrer que par un pont-levis existant au-dessus des fossés très-profonds et remplis d'eau qui l'entouraient.
On prétend que Marguerite, comtesse de Hainaut, a, dans le 13e siècle, habité quelquefois ce château, qui devait avoir de l'importance, puisque plusieurs routes pavées dont les fondemens se retrouvent encore dans les prairies, à une certaine profondeur, y aboutissaient.
Quelques ruines révèlent seules aujourd'hui l'existence de cet ancien château, qui a été pris et détruit, ainsi que plusieurs autres forts qui longeaient la Sambre, par le duc d'Enghien (connu plus tard sous le nom du Grand-Condé ), lorsqu'en 1643 il traversa cette rivière, après la bataille de Rocroi, que les troupes françaises qu'il commandait gagnèrent sur l'armée de Charles II, roi d'Espagne.
Ce château, dont les fortifications n'ont plus été relevées, est devenu l'habitation d'un fermier jusqu'en 1734, que le duc d'Orléans, à qui appartenait la terre de Sassogne, fit bâtir, dans le voisinage, la ferme du même nom que l'on y voit maintenant. Les matériaux employés à la construction de cette ferme ont été tirés presque en totalité des ruines du château. Les murs souterrains de cet édifice viennent encore de fournir plus de 2,000 mètres cubes de pierres brutes pour la construction de la route départementale de Maroilles à Maubeuge.
Il existait à Noyelles, avant la révolution de 1789, une association connue sous le nom de Régiment des Manants, dont la juridiction s'étendait à quelques communes voisines; elle avait particulièrement pour but de faire des cavalcades ou scènes burlesques, soit lorsqu'il s'agissait de querelles d'époux, soit lorsqu'il était question de remariage entre veufs et veuves. Madame Clément Hémeri, dans ses Promenades dans l'arrondissement d'Avesnes, parle de cette association et donne sur le Régiment des Manants les détails suivans : Les grades y étaient les mêmes que dans l'armée, et chaque membre de ce corps était monté sur un âne. Lorsqu'un couple du village faisait mauvais ménage par l'inconduite du mari ou de la femme, la troupe burlesque se réunissait au son du cornet à bouquin. Le régiment, enseigne déployée, se rendait en face de la maison désignée pour causer du scandale, et les époux, forces de paraître écoutaient une exhortation morale en présence du régiment. Cette remontrance publique produisait un tel effet qu'il n'y a pas d'exemple qu'elle ait été méritée deux fois.
En 1793, les Autrichiens, campés près de la forêt de Mormal, firent souvent des excursions dans le village de Noyelles.
Le général Blücher et son état-major séjournèrent en 1815 à Noyelles, après la bataille de Waterloo.
Cette commune a une population de 491 habitans, dont 30 indigens à la charge du bureau de bienfaisance et 15 mendians.
Son territoire contient 651 hectares, dont 140 en terres labourables, 474 en prés, 5 en vergers, 2 en terrains incultes et étangs, 3 en superficie des propriétés bâties, 18 en routes, chemins, et 9 en rivières et ruisseaux.
Sa culture ordinaire est le blé, l'avoine, le seigle et les pommes de terre; sa culture principale est le blé. La majeure partie du territoire est composée de prairies qui fournissent de gras pâturages. Le commerce et la fabrication des fromages dits de Maroilles sont les principales ressources de cette commune.
Il existe à Noyelles un moulin à vent pour moudre le grain.
Hameaux et lieux dits : Renaut-Folie (Regnaut-Folie, 1288. Renau-Folie, 1231. Saint-Genois, 1316. Renon-Folie. Renauld Folie. Sassogne. (Sassoigne, 1443. Sasoingne, Saint-Génois I,1.) La ferme du Parc. La Haute-Noyelles. La Basse-Noyelles.

Eglise de Noyelles sur Sambre, tableau de Gromaire
Toile de Marcel Gromaire,
artiste peintre natif de Noyelles sur Sambre.
Le château de Sassogne à Noyelles sur Sambre.
Le château de Sassogne dont il est question dans les notes historiques. Document extrait des Mémoires de la Société Archéologique d'Avesnes. Tome VII - 1907
Monument aux Morts de Noyelles sur Sambre
Monument aux Morts de Noyelles sur Sambre.

Oratoire à Noyelles sur Sambre
Dédié à ND de Walcourt en 1840 et ND de Bon Secours en 1857.
Grand Rue. N50.157063 E3.796796
Oratoire à Noyelles sur Sambre.
Oratoire situé dans une impasse, rue Alfred Bisiaux.
N50.156499 E3.799449
Oratoire à Noyelles sur Sambre
Oratoire de 1876, 1 rue de l'Ecole.
N50.156813 E3.800028
Oratoire à Noyelles sur Sambre
Oratoire de 1988 dédié à Sainte Rita.
Rue de Taisnières. N50.150690 E3.792433
Oratoire à Noyelles sur Sambre
Oratoire érigé en 1978 par M. et Mme Docquiert suite au décès accidentel de leur fils Damien à l'âge de 19 ans.
Il est dédié à St Benoit auquel Damien portait une grande dévotion.
Grand Rue. N50.156140 E3.797063
Oratoire à Noyelles sur Sambre
Oratoire situé rue de l'Ecole.
N50.156668 E3.800809

Noyelles sur Sambre sur les albums de Croÿ.
Noyelles sur Sambre sur les albums de Croÿ.
Voir en grand format
Eglise de Noyelles sur Sambre
L'église de Noyelles sur Sambre a été construite en 1785.

Une nouvelle publiée par M. Victor Houzé, secrétaire en chef de la sous-préfecture d'Avesnes, rapporte que Clément Renau, propriétaire, dans la paroisse de Noyelles, d'un domaine allodial enclavé dans les propriétés de l'abbaye de Maroilles et convoité depuis longtemps par les moines, en fit don à ce monastère, vers le commencement du 13e siècle, sous la seule condition d'être admis a l'abbaye, d'y être traité avec tous les soins possibles et d'être nourri à la table même de l'abbé. Renau fut en effet traité, pendant quelques années, avec tous les égards qu'il méritait par son caractère honorable, mais peu après, au lieu des attentions et des bons procédés qu'il attendait des religieux et auxquels il avait droit de prétendre par le fait de sa libéralité, il ne reçut plus que de mauvais traitemens et des humiliations qui lui firent amèrement regretter l'aisance, la tranquillité et la liberté dont il jouissait précédemment dans son manoir, qu'il désigna toujours sous le nom de Renau-Folie. Cette désignation a remémoré aux générations qui se sont succédées depuis cette époque la trop grande confiance et la bonhomie de Renau, autant que la cupidité et la mauvaise foi du couvent.
Il ne reste plus de traces de cet ancien manoir, qui parait avoir été démoli en 1643 ; la ferme actuelle a été bâtie dans le 17e siècle.

Eglise de Noyelles sur Sambre, baptistère
Baptistère de 1664 retrouvé lors de travaux dans l'église.

Buste de St Christophe à Noyelles sur Sambre
Buste de St Christophe en bois polychrome du XVIIIe siècle

Fonts baptismaux ,  Noyelles sur Sambre
Fonts baptismaux

Eglise de Noyelles sur Sambre, pierre tombale
Pierre tombale de 1452.

L'abbé de Maroilles et ses moines sont à gauche de la croix et les défunts à droite. On peut y lire l'inscription suivante :
Jehan Quenée gist droitchy qui le jour du grand vendredi mil CCCCLII trepassa. Dieu lui soit piteux. Jehane Gillione osy son espouse gist dalis ly. Pries  pour eux petits et grands et ossy pour les deux enfants.
Portrait, signature et armes abbatiales de Jean VI Bourgeois, 61e abbé-seigneur de Maroilles -année 1452. (Originaire d'une famille bourgeoise de Valenciennes, il décéda le 30 janvier 1485). Nommé et confirmé (31 juillet 1430) par le pape Martin V, il tint la chaire abbatiale de l'abbaye bénédictine de Maroilles de 1430 à 1483, date à laquelle, il résilia son abbatiat. Il fut également député des églises du comté de Hainaut et délégué du Clergé aux états bourguignons, sous Philippe le Bon et Charles le Téméraire, ducs de Bourgogne.
- Recherches de Mr. Geoffroy G. Sury de Bruxelles (2010)

Mairie de Noyelles sur Sambre
Mairie - Ecole de Noyelles sur Sambre.

Calvaire de l'église à Noyelles sur Sambre.
Calvaire de l'église.

Oratoire à Noyelles sur Sambre
Oratoire dédié à St Roch, situé Grand rue.
N50.162805 E3.806352
Oratoire à Noyelles sur Sambre.
Oratoire de 1888 dédié au Sacré choeur
Situé au 17 Grand rue. N50.150154 E3.788092
Oratoire à Noyelles sur Sambre
Oratoire de 1846 dédié à St Donat.
Rue des Haies. N50.149216 E3.783583
Oratoire à Noyelles sur Sambre
Oratoire de 1825 dédié à Sainte Face.
Grand Rue. N50.144785 E3.783044
Oratoire à Noyelles sur Sambre
Cet oratoire situé Grand Rue ne possède ni date ni dédicace.

Oratoire à Noyelles sur Sambre.
Oratoire de 1887 dédié à St Eton, au 44 Grand Rue.
N50.152509 E3.792069
Calvaire de Noyelles sur Sambre
Le calvaire de Noyelles sur Sambre (Grand rue).
N50.161762 E3.804285
Le manoir Renaud Folie à Noyelles sur Sambre.
La maison forte de Renaud Folie à Noyelles sur Sambre,
et ci-dessous, adossée à elle, la maison natale du peintre Marcel Gromaire (24 juillet 1892 - 11 avril 1971).
La maison natale du peintre Gromaire à Noyelles sur Sambre.



Noyelles sur Sambre, le monument aux Morts, la mairie, l'église

Source Gallica: Archives historiques et littéraires du nord de la France, et du midi de la Belgique
Titre : Archives historiques et littéraires du nord de la France, et du midi de la Date d'édition : 1834
Texte retranscrit dans le français de l'époque

RENAU-FOLIE. Dès l’an 496 de notre ère, époque où Clovis, roi des Francs saliens et ripuaires, vainquit les allemans à Tolbiac, en invoquant le Dieu de Clotilde, les prêtres exercèrent sans interruption une grande influence sur la nation française, jusqu’à la révolution de 1789. On ne doit donc pas s’étonner de voir figurer, presque toujours sur le premier plan, dans les chroniques du moyen-âge surtout, tantôt des princes de l’église, tantôt des cénobites ou des curés. Le clergé, corps puissant par ses richesses, ses lumières et notamment par le pouvoir de la.religion, embrassait dans son vaste réseau et le serf attaché à la glèbe et le chef suprême de l’état. Le seigneur banneret et l’homme d’armes, le bourgeois avec ses franchises, comme le marchand au milieu de sa hanse, tous étaient sous sa domination de fait, sinon légale.
Les plus solides colonnes de l’édifice théocratique étaient, sans contredit, les établissemens religieux de diverses espèces que la piété de nos ancêtres avaient créés sur toute la surface de la monarchie. Peu de provinces en présentèrent un aussi grand nombre que le Comté de Hainaut. L’arrondissement d’Avesnes, qui en est une petite portion, contenait entre autres fondations, plusieurs illustres abbayes, parmi lesquelles on comptait celle de Maroilles.
Ce célèbre monastère fondé en 651, par Saint Humbert, sous l’invocation et la règle de Saint Benoît, et doté aussi par Chonebert, chevalier, son second abbé, fut ruiné en 881 par les Normands, peuples payens, qui avaient une haine implacable contre le clergé, à l’influence duquel ils attribuaient tous leurs désastres, sous le règne de Charlemagne. Ces barbares, qui marchaient le glaive d’une main et la torche de l’autre, incendièrent l’abbaye et massacrèrent une partie des religieux; le reste sedispersa. Après le départ des Normands, plusieurs seigneurs se partagèrent les biens du monastère et en jouirent jusqu’en l’an 921 que les comtes Haganon et Raoul réunirent la dotation de l’abbaye et en remirent l'administration à l’autorité épiscopale de Cambrai. En 1020, l’évêque Gérard en chassa les clercs et y rétablit des moines avec un abbé, après 139 ans dé veuvage. La prospérité de la communauté alla toujours croissant et vers la fin du 12 e siècle elle était redevenue riche et puissante.
Vers la fin du 12 e siècle, il existait dans la paroisse de Noyelles, village donné à l’abbaye par Charles-le-Simple, un domaine allodial, appartenant à Clément Renau, situé entre la rive droite de la Sambre et les bords méridionaux de l’Helpe majeure, non loin du confluent de ces deux rivières; sur un tertre de peu d’étendue, entouré de marais, le manoir se trouvait enclavé, avec ses dépendances, dans les propriétés des moines, et était, depuis longtemps, convoité par eux.
L’habitation de Renau avait été son berceau. Construite par ses ayeux, embellie par lui, elle présentait tous les avantages qu’on pouvait se procurer ou dont on avait l’idée dans ces temps éloignés. Les terres qui en dépendaient entouraient le manoir et produisaient d’abondantes récoltes de fourrages et de céréales; des bois de chauffage et de charpente se trouvaient à proximité; un jardin potager fournissait à la famille du maître et à ses gens les légumes qui leur étaient nécessaires. Les murs de l'édifice, bâtis à la manière de l'emplecton des grecs, étaient d’une solidité telle qu’il aurait fallu-les efforts de la balistique pour les réduire. Des arbalètes, dont l’usage commençait à s’introduire alors, étaient déposées dans la salle d’armes, en même nombre que les ouvertures du manoir, afin de pouvoir le défendre contre les attaques du dehors; de larges fossés remplis d’eau en rendaient les approches très-dangereuses pour les assaillans. Une herse qu’on abaissait chaque jour et un tablier de pont, qu’on levait en cas d’alarme, garantissaient de toute surprise l’habitation de Renau.
Ainsi ce qui ferait le désespoir de nos petites maîtresses procurait une douce quiétude à Renauet à son épouse. Ils vivaient heureux dans ce domaine, tandis que souvent les vassaux de l'abbaye, surtout ceux de Noyelles, se trouvaient exposés aux avanies des bandes irrégulières lorsqu’elles fesaient leurs excursions de ce côté.
Cependant le manoir excitait de plus en plus la convoitise des moines qui tenaient à le joindre aux belles propriétés qu’ils avaient déjà dans le Voisinage, afin d’y établir un lieu de plaisance où ils fussent à l’abri d’un coup de main. Des propositions de toute espèce avaient été faites à Renau, mais toujours sans succès. Ni les promesses, ni les menaces des moines n’avaient pu changer sa résolution. Comme possesseur d’un alleu, il était tenu de se ranger sous l’étendart du Comte de Hainaut lorque ce Leude convoquait ses vassaux (1). Il était du reste libre comme l’air et se riait du courroux des moines (2). (1) Tout homme libre ayant une terre en propre entrait dans la milice du comte. (Capitulaires de Charlemagne de l'an 812, chapitre 1er).
(2) Les hommes libres ne payaient pas de cens. Ils n'étaient tenus qii’à fournir des chevaux et des voitures aux ambassadeurs du roi. Les comtes n'avaient pas le droit d’exiger pareille prestation. (Capitulaires de Louis-le- Débonnaire de l’an 815 et de Charles-le-Chauve de l’an 864).
Renau devint successivement père d’un garçon et d’une fille. Plusieurs années se passèrent pendant lesquelles cette famille jouit d’une félicité parfaite. Mais il n’est point de bonheur durable sur cette terre : le temps des épreuves arriva pour Renau.
Le village de Noyelles, dont l'origine remonte au règne de l’empereur Lothaire, vers l’an 850, avait un territoire très fertile, mais excessivement malsain. Souvent les eaux de la Sambre et celles de l’Helpe majeure, dont la pente est nulle à son embouchure, couvraient le sol pendant plusieurs semaines et, en se retirant, y laissaient en dépôt de la vase et des végétaux en décomposition qui corrompaient l’air ambiant par le méphitisme de leurs émanations. On remédia dans la suite à ce fâcheux état de choses par des tranchées qui sillonnèrent la surface de ces marais infects; mais, pendant une longue période encore, les malheureux paysans furent, à différentes reprises, victimes des fièvres qualifiées depuis du nom d’Ataxo-adynamiques et qui, très-dangereuses encore aujourd’hui, malgré les progrès de la science médicale et la découverte du quinquina, étaient toujours mortelles dans le douzième siècle.
Une épidémie qui fit périr beaucoup de monde à Noyelles vint frapper coup sur coup la famille de Renau, jusque là si heureuse. En quelques jours, sa fille, sa femme et enfin son fils lui furent enlevés par le fléau : Renau fut seul épargné.
Dans ces temps d’ignorance et de superstition, on avait l’habitude d’assigner des causes mystérieuses à tous les événemens quelque naturels qu’ils fussent. On attribua donc le désastre dont le ciel accablait le malheurenx Renau à l’obstination coupable qui lui avait fait rejetter les propositions des religieux de Saint Humbert. Ceux-ci profitèrent habilement de la circonstance, et, sous le prétexte de lui donner les consolations dont il avait besoin, en raison des pertes cruelles qu’il venait d’éprouver, lui insinuèrent que ses malheurs étaient le juste châtiment qu’il avait mérité par ses réfus réitérés d’échanger son franc-alleu contre d’autres terres; et que, aujourd’hui qu’il n'avait plus de famille, il devait réparer sa faute en faisant un don pur et simple, au monastère, du domaine où il venait d’essuyer de si grandes infortunes. La fermeté de Renau disparut devant des raisonnemens appuyés de preuves si terribles de la vengeanee divine: il consentit à céder son manoir gratuitement aux moines de Maroilles, sous la seule condition d’être admis à l’abbaye, d’y être traité avec tous les soins possibles et d’être nourri à la table même de l’abbé. Il avait stipulé en outre, selon la coûtume de ces temps, qu’il serait chanté des services annuels pour sa femme et ses enfans, ainsi que pour lui après sa mort. L’acte d’abandon fut dressé et l’abbé Gilles de Tournay qui gouvernait le monastère prit possession du franc-alleu de Renau. Quant aux engagemens des religieux en sa faveur, il s’en rapporta à la bonne foi de ceux-ci pour leur exécution : ils promirent verbalement de les remplir avec ponctualité.
Pendant quelques années, Renau fut en effet, traité avec tous les égards qu’il méritait d’ailleurs par son caractère honorable. Il avait trouvé dans les exercices de piété des consolations bien douces pour son ame ulcérée par la douleur. Il n’éprouvait donc aucun regret de s’être dessaisi de ses propriétés, en faveur de l'abbaye. Loyal et franc, il ne lui venait même pas dans la pensée que les religieux pussent éluder leurs obligations envers lui; il était cependant dans l’erreur ainsi qu’on va le voir.
L’abbé Gilles, homme de noble lignée et d’un haut mérite, administrait le monastère, avec un zèle soutenu, et avait mis les affaires de la communauté dans un état très-florissant. Il affectionnait Clément Renau, dont il avait pu étudier le caractère, depuis qu’ils vivaient ensemble. Malheureusement pour ce dernier, l’abbé fut attaqué d’une maladie mortelle et succomba. C’était 3 ans après l’entrée de Renau dans le monastère.
L’abbé Jean Hulan successeur de Gilles fut installé. Dès ce moment le sort de Renau changea. L’abbé qui était aussi fier et dédaigneux envers ses inférieurs, que souple à l’égard de ceux de qui il attendait des faveurs, fit connaître au trop confiant Renau que à l’avenir, il serait traité comme les frères servans de l’abbaye ou qu’il sortirait du couvent, attendu que rien n’obligeait les moines à lui fournir comme on l’avait fait jusque là le logement, la vie et l’habit. Renau humilié et encore plus étonné d’une semblable conduite de la part du chef de la communauté, fit des réclamations contre ce manque de foi. On lui répondit que, s’il avait cédé son domaine en pur don, c’était pour racheter ses péchés et surtout pour se laver de la faute grave qu’il avait commise en dédaignant les offres des serviteurs de Dieu et de Monseigneur Sainct Benoist pour l’échange de ce même domaine; que le courroux céleste lui avait été manifesté assez clairement et qu’il devait se trouver bien heureux d’avoir pu sauver son âme par un aussi faible sacrifice ; qu’en- fin lui laïc ne devait pas élever ses prétentions jusqu’à vouloir être servi à la table même de l’abbé. On lui conseillait ensuite de recevoir avec une humble reconnaissance les bienfaits sans nombre dont la charité toute chrétienne des religieux l’accablait.
On connut bientôt hors de l’enceinte du monastère les humiliations que Renau commençait à subir. Ses malheurs étaient récens et le souvenir de son ancienne prospérité, comparée avec sa position présente, excitait l’intérêt public. Depuis lors, dans toute la contrée, on ne désigna plus l’ancien domaine de Renau que sous le nom de Renau-Folie, qualifiant ainsi l’acte irréfléchi par lequel le possesseur d’un si beau franc-alleu l’avait abandonné sans prendre les garanties qu’il pouvait exiger et que son extrême confiance lui fit considérer comme inutiles. Les moines eux-mêmes finirent par adopter cette désignation.


Le château de Renau Folie à Noyelles sur Sambre
Dessin du château Renau Folie.

Combien de fois il fut témoin de leurs préparatifs pour se rendre à la terre de Noyelles! C’était là où ils allaient en parties de plaisir. La tradition assure même qu’on y buvait plus de vin que d’eau. La richesse de l’abbaye fait supposer que la tradition n’est pas éloignée de la vérité.
Pauvre Renau! plus il se plaignait et plus il éprouvait de vexations et d’avanies non seulement de la part des bénédictins, mais encore de la valetaille qui suit toujours si bien l’exemple des maîtres, lorsque ceux-ci sont insolens. Six cents anseneore, Renau, et vous serez vengé !
L’abbé Wautier de Grart qui remplaça Jean Hulan n’améIiora pas la position de Renau. Le pli était pris, celui-ci continua à souffrir les rigueurs du sort qui l’accablait. Il en fut de même sous l’abbé Arnould. Heureusement pour Renau, la religion vint à son secours et lui permit d’attendre en paix la fin d’une carrière d’abord semée de roses, puis assombrie par les pertes les plus douloureuses. Ni la tradition, ni les documens que nous avons pu consulter, ne disent la date-précise de la mort de Renau. Elle eut lieu sous l'administration de l’abbé Nicolas, qui, d’après l’histoire, fut nommé en 1236 et mourut en 1245.
A cette époque commencèrent les longues querelles de la célèbre comtesse Marguerite avec ses enfans du premier lit, issus de Bouchard d'Avesnes, qui fut excommunié dans Cambrai, par ordre du pape, pour s'être marié après avoir reçu les ordres sacrés. Marguerite, à la mort de Bouchard, avait épousé en secondes noces Guillaume de Dompierre. La maison d’Avesnes obtint le Hainaut, et celle de Dompierre, la Flandre.
Malgré les perturbations causées par ces guerres intestines, auxquelles se mêlèrent les princes allemands et ceux de la maison de France, le domaine de Renau-Folie devint successivement le noyau d’une vaste exploitation. L’abbaye l’augmenta considérablement en y rattachant d’abord les terres environnantes, qu’elle possédait déjà, puis les propriétés qu’elle acquit successivement dans les alentours et notamment les Sarts. De manière que cette Cense formait, en 1304, un des plus beaux domaines de l’abbaye. Mais, soit que les dîmes et revenus de la terre fussent mal régis, ou que le domaine de Forest eut alors une valeur supérieure, soit enfin ( ce qui est probable ) que l’abbé se soit fait remettre par le Comte de Hainaut une soûte, qui a dû être considérable, toujours est-il que ce fut dans le mois d’avril de cette même année que l’on fit l’échange de la terre de Noyelles contre la ferme de Forest près le Cateau, appartenant à Jean d’Avesnes, comte de Hainaut. Voici le texte de quelques passages de l’acte dressé à cette occasion.
« Nous Jehans, par la grâce de Dieu, Cuens de Hainnau, de Hollande, de Zeelande et sires de Frize, faisons savoir à tous que nous et nostre chere compaigne le Contesse, eussiens tenu, tenisiens et devissiens tenire a nos deux vies et a le vie dou plus longuement vivant de nous deux, la maison de Renau-Folie, les terres et les près qui appartiennent a la dicte maison, le dîme et le terraige dou terroil de Noyelles et le mollin de Noyelles, par certaine et juste cause et volsissiens volentiers les dictes maisons et les coses dessuis dicte avoir par maniéré de parmutation, de escange, et de rester souffisant a tousjours heritaulement pour nous et pour nos hoirs des hômes relligieux les abbés de l’église St Humbert de Marolles, de l’ordre St. Benoist de l’evesquiet de Cambrai, et li couvens.....
Plus loin : Et cest e'eange de le maison et des coses devant dictes ont faict et font lidis relligieux si comme dit est as terres, près et roc que nous avions et tenions au terroil de Forest vers le » Castel en Cambresis.......
L’acte se termine de la manière suivante : Volons et consentons que li devant dis relligieux nous pussent faire constraindre par justiche de Ste. Eglise, a tenir fiermement les coses desseus dictes. En temoignaige desquelles coses avons nous ches présentes lettres scellées de nos propres saïaux qui furent faictes et données l’an de grâce 1304, au mois d’apvril.
Pendant les 191 années qui suivirent, Renau-Folie passa du domaine des Comtes de.Hainaut à celui des ducs de Bourgogne et ensuite à la maison d’Autriche. Enfin en 1495, l’abbaye ne retirant pas de la ferme de Forest un revenu égal à celui que produisait son ancien domaine de Noyelles, fit ses respectueuses remontrances à Maximilien roi des Romains et à Philippe d’Autriche, Comtes de Hainaut, possesseurs de ce domaine, dans le but d’annuler l’acte de 1304 en reprenant pour eux la ferme de Forest et en remettant Renau-Folie aux moines. Les souverains consentirent à cette rétrocession par acte du 22 juin 1495 qui commence ainsi : Maximilien, par la grâce de Dieu, Roi des Romains tousjours auguste, etc, à tous ceux qui ces présentes lettres verront salut. Reçu avons l’humble supplication de nos bien amés en Dieu les relligieux, abbé et couvent de l’église et abbaye de monseigneur St. Humbert de Marolles, de l’ordre de St. Benoist, sistuée en notre pays de Haynaut, diocèse de Cambrai contenant comme mondit seigneur St Humbert dont le glorieux corps repose en ladite église, ayt en son temps fondé et fait édiffier et ériger, ycelle église et abbaye de ses propres biens et revenus et environ à neuf cens ans.....
Dans ce chirographe il est fait mention de la conduite peu sage de l'abbé qui consentit l’échange de 1304 et de la détresse de l’abbaye par suite des dissipations du chef. Il y est dit aussi que la terre de Renau folie à laquelle était attachée le droit de haute et basse justice, etc., se trouvait être (en 1495) d’une valeur beaucoup plus grande que la terre de Forest. Toutefois l’annulation de l’acte de 1304 eut lieu, mais les princes y mirent des conditions que nous croyons devoir reproduire textuellement, les voici :
Seront tenus (les moines) de faire celebrer doresnavant perpétuellement et a tousjours chacun an le 26 e jour de march, les vigiIles des morts à g lechons et le lendemain 27 e dudit mois qui fut le jour du trespas de feue notre très chere et très amée compaigne de nous roy, dame et mere de nous archiduc, la duchesse Marie d'Austriche de Bourgoingne etc, dont Dieu ayt l’ame, une haulte messe de Requiem a diacre et soubdiacre avecq les commendations et autres suffraiges a ce servants, et le 1 er jour de janvier en chascun an qui fut le jour de la réception de nous archiduc à la seigneurie de nostre pays et conté de Hainnau, aussi perpétuellement et à tousjours une haulte messe du St. Esprit à diacre et soubdiacre, le tout le plus solempuellement honnourable et dévotement que faire se pourra et aussi délivrer à leurs dépens tout le luminaire de chire etc.
Le rescrit finit comme ci-après: Donné en nostre ville de Louvain le 22 e jour de juing l’an de grâce 1495 et des regnes que nous roi a savoir des celui des Romains le 10 e et des dis de Hongrie etc le chinquiesme, par monseigneur l’archiduc etc.
L’affaire était très avantageuse à l’abbaye attendu que la ferme de Forest se trouvait en assez mauvais état, tandis que les bâtimens de la terre de Noyelles venaient d’être reconstruits à neuf, après avoir été incendiés et pillés en 1490 par les ban- douliers du bastard de Berlaimont qu’Antoine Rollin grand bailli de Hainaut fit décapiter à Mons avec ses gens. Il les avait forcés dans le château de Berlaimont où ils s étaient renfermés après tous leurs méfaits.
L’abbé Jehan Gotselet s'empressa de se faire livrer le domaine de Renau-folie à la grande joie des religieux qui cette fois le conservèrent avec soin.
Durant les luttes terribles de la maison d’Autriche avec les Français, le Hainaut fut plus d'une fois ravagé par ceux-ci. L’abbaye de Maroilles se trouva souvent en péril mais elle échappa aux désastres qui la menaçaient et notamment en 1543 que les troupes françaises parcourureut la province et s’emparèrent de Landrecies, dont les habitans s’étaient sauvés dans la forêt de Mormal, après avoir incendié les magasins de vivres et la ville même. François I er, qui était à la tête d’une armée de 4o,ooo hommes vint établir son quartier général à l’abbaye avec l’amiral Annebaut. Pendant que le capitaine Lalande allait occuper Landrecies, le dauphin, longeant la rive droite de la Sambre, se rendit devant le château d’Aymeries, l’emporta et le démolit aussitôt. Il logea à Renau-folie mais n’y fit aucun dommage, attendu que le Roi était satisfait de la conduite des moines de St.-Humbert: l’abbaye avait fait don de 3oo écus d’or à l’épargne du Roi pour l’entretien de ses gendarmes.
La terre de Renau-folie resta sans interruption à l'abbaye de Maroilles jusqu a 1793, époque où le gouvernement républicain l’aliéna comme domaine national. L’acquéreur en a fait deux fortes exploitations occupées aujourd’hui par les héritiers, les sieurs Basile Mercier et André Evrard.
Depuis la mésaventure de Renau, le temps a fait disparaître de la scène du monde les maisons de Hainaut, de Bourgogne et d’Autriche, l’abbaye de Maroilles et les moines eux-mêmes, tandis que le nom de Renau-folie s’est transmis jusqu’à nous sans altération, comme un monument de l'avidité des cénobites, dont l'institution avait eu pour but de soustraire les âmes aux pompes, aux richesses et aux jouissances de la terre, par une vie sainte et ascétique; mais cette institution s’était tellement viciée que la philosophie épicurienne trouvait dans les couvens ses adeptes les plus zélés, lesquels ne se bornaient même pas toujours aux plaisirs de Bacchuset de Cornus.
Victor Houzé,


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Source : "Albums de Croÿ, Tome IX, Comté de Hainaut VI, Editions du Crédit Communal de Belgique"

Claudie Péan et Pierre Thelliez ont contribué à la réalisation de cette page.

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