Le Quesnoy,
des remparts
signés Vauban
Les fortifications,
de l’époque médiévale
........ à nos jours
La porte de Fauroeulx (*5) et le bastion Vert ou du moulin à vent (08)

Le Quesnoy, ses remparts. Histoire des fortifications de Vauban.  Plan de 1787.
Plan de Vauban de 1787 projeté sur une vue satellite.
Voir le plan au format PDF (1080 mm x 710 mm)

Situation et hydrographie des environs
Avant de parler des fortifications du Quesnoy, il est nécessaire de donner quelques précisions sur la situation de la ville et surtout de signaler l’hydrographie de ses abords qui a joué un rôle non négligeable dans la défense.
La ville du Quesnoy repose sur des terrains tertiaires (éocène) caractérisés par des bancs de sables renfermant des blocs de grès connus en géologie sous le nom de sables et grès du Quesnoy. Une mince couche de terrain quaternaire les surmonte.
Le Quesnoy est bâti sur une légère éminence dont le point culminant est à la côte 130 et supporte le beffroi.
A deux kilomètres au Nord de la ville, coule un affluent de l’Escaut appelé la Rhonelle, qui forme un sillon assez profond allant sensiblement de l’Est à l’Ouest pour se jeter dans le fleuve de Valenciennes.
A trois kilomètres au Sud de la ville, un autre affluent de l’Escaut, l’Ecaillon, suit une direction parallèle à la Rhonelle au fond d’un vallon semblable à celui de cet affluent.
Les deux rivières prennent leur source dans la forêt de Mormal distante de quatre kilomètres de la ville.
Afin de disposer d’eau en toutes saisons, l’on fut très tôt amené à les accumuler l’hiver, aux environs de la ville, dans des étangs artificiels dont l’un subsiste sous le nom actuel d’Etang du Pont Rouge.
Les eaux nécessaires à la protection du château étaient primitivement recueillies dans un creux de terrain formant l’Etang du Gard. Cet étang se trouvait au Sud de la ville, non loin de la Caserne Cernay dans les parties basses des fortifications......

Le Quesnoy, ses remparts. Histoire des fortifications de Vauban. Plan de 1450.
Le Quesnoy vers 1450. Essai de restitution

Légende du plan
01 Porte de Fauroeulx vers 1380
03 Tour contre le Neuf-Vivier vers 1380
05 Porte de Flamengrie
06 Tour Clémence vers 1380
07 Tour du courtil Charlet. 1392-1393
     comme tour 8
09 Tour d'Espagne ?
10 Tour Gehennoise ?
11 Tour de l'Artillerie ?
12 Première porte de Valenciennes
13 La neuve Porte de Valenciennes
    1396-1398
14 Tour Maquare. 1406-1407
20 Tour Cauffechire. 1401-1403
21 Porte de Saint-Martin 1387-1389
24 Tour Saint Ysabeau
25 Tour de le Sauch ?
27 Tour de Bourgogne ?
29 Tour Brûlée restaurée au début du XVe
30 Tour du Moulin du Gard ?
32 Tour Vigneroy ou du Vignoble
33 Tour Collart le Blon
34 Tour des Flaiolletz

Les tours 2, 4, 17 à 19, 31 et 37 sont restituées par nos soins ; toutes les autres sont attestées soit par les textes anciens soit par les divers plans que nous possédons sur la ville du Quesnoy. N'ont pu être situées les tours dites "koquedart" et "pierekin" et celle dont la construction commença en 1412.

......La construction de fortifications sérieuses autour de la ville, réduisit l’importance du château au point de vue de la défense et rendit disponibles les eaux qu’il utilisait. Celles-ci reçurent un nouvel emploi, car l’on songea tout de suite à les faire courir autour des remparts où on les rassemblait pour former l’étang Saint-Martin, l’étang du fer à cheval et l’étang du Gard, ce dernier le plus important. Ces étangs étaient mal placés, aussi furent-ils remplacés par trois étangs créés successivement près du faubourg Fauroeulx en élevant des barrages à des endroits appropriés. Les étangs nouveaux se nommèrent : Etang du Mayeur, Etang Neuf (actuellement Etang du pont rouge) et Etang d’Aulnoit (n’existe plus). L’élévation des eaux y était obtenue par le rehaussement de la chaussée de Landrecies dont on peut encore voir les parties maçonnées, formant digue, non loin de la porte actuelle dite de Landrecies. Quant aux eaux en excédent des besoins, une vanne casematée située dans le chemin couvert de la place à l’Ouest, en permet encore l’écoulement par une conduite souterraine en maçonnerie longue de deux à trois cents mètres.
Les étangs constituèrent longtemps le principal revenu des Gouverneurs du Quesnoy, puis de la ville. Comme ils ne reçoivent que des eaux de sources ne renfermant aucun poisson, le Gouverneur devait les peupler à ses frais. De temps à autre on vidait les étangs pour en vendre les poissons, comme cela se pratique encore dans certaines régions de la France.
Sources :
"Vauban & la fortification du Quesnoy au XVIIè siècle", de Bernard Debrabant
" Le Quesnoy, L’archétype du Hainaut ", de Bruno Carpentier

Introduction
Si, du Quesnoy, petite cité du sud du département du Nord, les amateurs connaissent bien les hauts bastions de brique, par contre les états antérieurs de la fortification étaient restés jusqu'à ce jour totalement ignorés ; c'est donc l'évocation et la restitution de ceux-ci qui a été tentée. L'étude des enceintes urbaines apporte un éclairage à multiples facettes sur l'histoire économique et sociale tant de la cité que de l'entité géo-politique dans laquelle elle s'inscrit. Cependant un seul aspect de ce vaste programme de recherche a été ici retenu : la signification architecturale des fortifications médiévales du Quesnoy et leur place parmi les autres réalisations hainuyères.
Deux grandes campagnes de fortification ont pu être isolées en Hainaut : la première due, dans la seconde moitié du XIIe siècle, à la politique ambitieuse des comtes Baudouin IV et Baudouin V, dota leur comté d'une série de points forts, châteaux et villes emmurées, tenant le plat-pays. Dans le cadre de la guerre de Cent-Ans, une seconde campagne de fortifications vint au XIVe siècle amplifier et moderniser les données établies dès le XIIe siècle. Le Quesnoy, pour sa part, ayant participé aux deux était tout à fait représentatif de l'architecture militaire hainuyère et des innovations que ses maîtres d'œuvre y tentèrent.
Les fortifications médiévales de la ville du Quesnoy
Petite cité au coeur du Hainaut français, le Quesnoy est surtout connu pour avoir conservé sa parure de remparts que l'on attribue d'une manière simplificatrice à Vauban (1). En fait, comme la plupart des villes du nord de la France, elle resta longtemps de par sa position géographique aux frontières, une cité forte et close : des comtes de Hainaut aux stratèges de la Troisième République, les siècles y entassèrent là de formidables défenses ; cependant nous ne traiterons ici que des fortifications médiévales réalisées de 1160 à 1420 environ qui, quoique complètement détruites aujourd'hui, n'en présentaient pas moins un réel intérêt pour l'histoire de l'art (2).

* Le présent article a pour origine un Mémoire de Maîtrise préparé de 1975 à 1978 à l'Université de Lille III sous la direction de M. le professeur F. Souchal (Le Château et les fortifications du Quesnoy du XIIe siècle à nos jours, 3 t., 161 p., 122 p., 120 fig. et plans). Cependant la préparation d'une thèse de doctorat sous la direction de MM. les professeurs Fourquin, Sivéry et Thiébaut (Les fortifications de Valenciennes du XIIe siècle au début du XVIe siècle : leur place dans l'architecture militaire) nous a amené à préciser certains points que nous n'avions fait qu'aborder dans les pages 28 à 42 du tome I de notre Mémoire.

(1). Les fortifications urbaines n'ont jusqu'ici que fort peu retenu l'attention des archéologues, ce qui nous vaut d'ailleurs toute cette série de fausses attributions à Vauban dont le Nord est si riche : nous ne citerons qu'un exemple, mais nous pourrions les multiplier, celui de Gravelines que tous s'accordent à croire du grand ingénieur. Sur un autre cas tout aussi surprenant, celui de Condé-sur- Escaut, nous renvoyons à nos articles parus dans les éditions locales de la Voix du Nord et Nord Matin en avril et mai 1981. Pour la période médiévale cependant nous disposons désormais d'un ouvrage magistral, celui de M. Jean Mesqui sur Provins, la fortification d'une ville au moyen âge, Paris, 1979. L'auteur y a jeté les bases de l'approche méthodologique qui a fait trop longtemps défaut à ce domaine de l'architecture.

(2). Les sources essentielles pour le XIVe siècle sont constituées par les comptes de la Massarderie du Quesnoy (B 12819 à B 12844, 1384-1411) déposés aux Archives Départementales du Nord. REVUE DU NORD - Tome LXIII - N°251 - Octobre-Décembre 1981

Secteur de l'ouvrage à cornes

Le Quesnoy, ses remparts. Histoire des fortifications de Vauban.
L'ouvrage à cornes, demi-bastion droit (94), le batardeau (b5) et sa Dame.
Batardeau : digue en maçonnerie limitant la partie en eau d’un fossé.
Dame (ou Demoiselle) : Il s’agit d’un obstacle massif, généralement cylindrique ou tronconique,
posé sur le faîte du batardeau, pour empêcher que celui-ci ne serve de cheminement à l’assiégeant ou à d'éventuelles désertions.
Le Quesnoy, ses remparts. La porte de Landrecies
Vue (v2), La porte de Landrecies (*6) et le demi-bastion gauche (95) Le droit et le gauche étant définis par rapport au centre de la cité.
La partie droite de la porte a été détruite en mai 1940.
Le Quesnoy, ses remparts. plan relief
L'ouvrage à cornes sur le plan relief. Batardeau (b5), Porte de Landrecies (*6), Demi-bastions (94 & 95)

I - Historique
C'est vers le milieu du XIIeme siècle que la ville du Quesnoy fut fondée, en même temps que le château du même nom, par le comte de Hainaut Baudouin IV (1125-1171). Dès l'origine, celui-ci l'entoura d'une enceinte fortifiée que son fils Baudouin V (1171-1195) améliora, probablement après le siège qu'elle dut subit en 1184, lors de la guerre avec la Flandre. Il ne semble pas que l'on se soit réellement soucié des fortifications tout au long du XIIIe siècle ; par contre nous assistons à la fin du XIVe siècle à une reprise de l'activité en ce domaine qui s'explique sans aucun doute par le contexte trouble de la guerre de Cent-Ans. On ne procéda pas à la reconstruction des murailles, mais simplement à leur renforcement par la multiplication des tours de flanquement. Le passage en 1433 du comté de Hainaut sous la domination de Bourgogne n'entraîna pas, à ce qu'il paraît, de nouveaux travaux. D'ailleurs à la mort de Charles le Téméraire en 1477, Louis XI n'eut aucun mal à s'emparer de notre ville, au siège de laquelle, nous disent les chroniqueurs, son artillerie fit merveille. Mais la ville du Quesnoy ne resta pas longtemps en sa possession car dès l'année suivante, elle fut reprise par Maximilien d'Autriche, héritier du comté puisqu'ayant épousé Marie de Bourgogne. C'est à l'aube du XVIe siècle, dans le cadre de la rivalité entre la France et l'Empire, que s'affirma le rôle de place-forte du Quesnoy. Si l'on prête à Louis XIV et à Vauban la conception d'une défense continue de la frontière par une série de forteresses, c'est en réalité Charles-Quint qui en fut le véritable créateur. De 1520 à 1550, de gigantesques travaux modifièrent le profil fortifié de cette cité, devenue, de par la volonté du pouvoir central, une des clefs du système défensif des Pays-Bas méridionaux. Petit à petit, les tours médiévales furent soit noyées dans l'épaisseur des remparts, soit arasées à l'alignement des courtines, tandis que des bastions assuraient désormais le flanquement. La quatrième grande campagne de fortification réalisée de 1637 à 1643 par les Espagnols n'affecta que fort peu le corps de place, mais il n'en fut pas de même de la cinquième campagne effectuée de 1668 à 1672 sous la direction de Vauban. Pris par Turenne en 1654 et confirmé à la France par le traité des Pyrénées, le Quesnoy fut en effet modernisé quelques années plus tard par le grand ingénieur. Vauban intervient à partir de 1668 ; il conserve quatre bastions datant de l’époque de Charles Quint et en construit quatre nouveaux. Il régularise ainsi l’enceinte de Le Quesnoy. Deux des bastions sont équipés d’un orillon, et cinq autres sont doublés d’une contregarde, le tout précédé de tenailles, de demi-lunes, de flèches et d’un chemin-couvert. Le système d’inondation repose sur la demi-lune des Suisses, ancien saillant de l’enceinte espagnole que Vauban transforme en un double ouvrage détaché couvrant à la fois les vannes entre deux nappes et le principal moulin de la place. Les batardeaux et la digue de l’étang d’Aulnoye sont bâtis en 1672. L’étang du Fer à Cheval complète les défenses. La réfection est interrompue en 1673 par la guerre de Hollande mais reprend en 1675 avec la création de l’étang du Pont Rouge. En 1678, Le Quesnoy est intégrée à la première ligne du Pré Carré. En 1698, après la Guerre de la Ligue d’Augsbourg, Vauban dépose un dernier projet de modernisation : les demi-lunes de terre des fronts 6 à 8 doivent être maçonnées et agrandies et dotées de tenailles, la contregarde du bastion Soyez doit être achevée et une autre ajoutée au bastion Impérial. La défense de la porte Fauroeulx doit être améliorée par la création d’un retranchement entre les deux étangs défensifs. L’ingénieur Génédot, en poste sur place critique ce projet mais ne propose rien d’autre en échange. Les travaux prévus par Vauban ne sont pas réalisés. La reconstruction de certains fronts bastionnés entraîna alors la destruction de la partie méridionale du château et des anciennes courtines médiévales environnantes. Le XVIIIe siècle acheva le démantèlement des dernières tours subsistantes, mais la porte de Valenciennes et celle de Saint-Martin toutes deux du XIVe ne disparurent respectivement qu'à la fin du XIXe siècle et en 1940 ! Ainsi s'effaçait de la mémoire des hommes le souvenir même de leur antique passé (3).
(3). Sur le château du Quesnoy, cf. notre article paru dans le T. 27 des Mémoires de la Société archéologique et historique de l'arrondissement d'Avesnes, 1980, p. 75-86.
Le Quesnoy vers 1450

Le Quesnoy, ses remparts. Histoire des fortifications de Vauban. La porte de Valenciennes.
Figure 2 - Porte de Valenciennes. Plan au sol 1764.
Collections du Ministère de la Défense.

De 1370-1380 à 1412 donc, 7 tours et trois portes de l'enceinte furent édifiées ou réédifiées de la porte de Fauroeulx à celle de Saint-Martin ; les comptes urbains nous faisant défaut pour les périodes antérieures et postérieures, il est difficile de préciser si cette campagne fit partie d'un plan plus ambitieux de modernisation, comme le laisserait à penser la reconstruction presque systématique du front Fauroeulx-Saint-Martin.


Le Quesnoy, ses remparts. Histoire des fortifications de Vauban. Album ce Croÿ.
Les remparts de Le Quesnoy sur les albums de Croÿ vers 1600.

Il - L'enceinte médiévale
Le Quesnoy est situé sur une éminence de terrain naturelle se relevant régulièrement d'ouest en est pour culminer aux abords du château (cote 125) ; la trame urbaine qui adopte un plan rayonnant semble d'ailleurs s'être organisée autour de celui-ci. Ce château, qui renforçait le front méridional de la ville, jouait selon une disposition courante le rôle de réduit.
Un cours d'eau dit canal de l'Ecaillon fut creusé pour amener les eaux de la forêt de Mormal jusqu'au faubourg de Fauroeulx, situé à l'est de la ville. De vastes viviers furent alors ménagés (viviers d'Onoilles, du Gard et de Saint-Martin, le Neuf Vivier), qui permirent de tendre des inondations défensives, grâce à un jeu complexe d'écluses.
L'enceinte du Quesnoy avec ses 2 200 mètres de développement avait des dimensions moyennes pour le Moyen Age, mais respectables néanmoins pour une fondation du XIIe siècle. A la fin du XVe siècle, elle était flanquée par environ une trentaine de tours dont la majeure partie étaient le fruit des restaurations du XIVe et du début du XVe siècle. Quatre portes, celles de Fauroeulx, La Flamengrie, Valenciennes et Saint-Martin, donnaient respectivement accès aux routes de Landrecies, Bavay, Valenciennes et Cambrai.

Le Quesnoy, ses remparts. Histoire des fortifications de Vauban. La porte de Valenciennes.
Figure 3 - La porte de Valenciennes à la fin du XIX* siècle.
Collection du Cercle historique Quercitain

La campagne de fortification de la fin du XIVe siècle au début du XVe
La date exacte du début des travaux ne nous est pas connue, mais le fait qu'en 1386 deux nouvelles tours dites "tour clémence et tour contre le neuf vivier", de même que la nouvelle porte de Fauroeulx, étaient achevées permet de fixer vers 1370-1380 l'ouverture du chantier. En 1387 débuta la reconstruction in situ de la porte Saint-Martin, dont le gros-oeuvre était réalisé à la fin de la saison 1389.
Deux tours, dont l'une est dite "tour dou courtil charlet" furent érigées en 1392-1393 entre la porte de Flamengrie et celle de Valenciennes, mais leur charpente ne fut posée qu'en 1396. Cette même année le sire d'Ostrevant, futur comte de Hainaut Guillaume IV (1405-1417), posait la première pierre de la nouvelle porte de Valenciennes située à un emplacement différent de la précédente. Elle était en voie d'achèvement à la fin de l'année 1398.
De 1401 à 1403 fut construite la tour "du courtil cauffechire" surnommée aussi grosse tour, située à côté de la porte Saint-Martin, de 1406 à 1407 celle dite de "maquare" assez proche de la porte de Valenciennes. Une dernière tour sur laquelle nous n'avons pas d'autres précisions fut commencée en 1412.
A côté de ces constructions neuves une part non négligeable des travaux concerne l'entretien ou la restauration des ouvrages anciens, tours dont on refait les toitures ou ponts de charpente dont on remplace les bois.
Les textes nous apprennent enfin que les portes étaient protégées par des bailles, c'est-à-dire des ouvrages avancés consistant en une levée de terre fermée par une palissade, et que les murailles étaient couronnées de machicoulis, dont le parapet crénelé était fermé par des "barbacanes" ou volets de bois (4).
(4). En architecture militaire, la barbacane désigne généralement l'ouvrage avancé précédant une porte fortifiée ; en réalité tant en Artois, Brabant, Flandre, Hainaut que Picardie les comptes urbains désignent sous le terme de "barbacanne" les volets de bois appendus par des crochets de fer ou des tenons de pierre aux merlons du crénelage, afin d'en défiler tes défenseurs aux vues des ennemis. En ce qui nous concerne, nous nous refusons donc à utiliser le terme barbacane au sens d'ouvrage avancé.

Description des fortifications

Les tours

En ce qui concerne celles-ci, nous devrons nous borner pour leur description aux indications fournies par les textes, aucune ne nous étant malheureusement parvenue.
Les matériaux employés furent le grès, abondant dans la région, et la brique, mais son usage était encore très limité et réservé de toute façon aux aménagements intérieurs.
Les tours avaient plusieurs niveaux voûtés, apparemment d'une coupole, et étaient coiffées d'une charpente recouverte d'"escailles", c'est-à-dire d'ardoises. Au faîte de ces toitures des enseignes fleuronnées pesant plusieurs centaines de livres portaient les bannières peintes aux armes des ducs de Bavière, comtes de Hainaut ; la polychromie qui les rehaussait contribuait à renforcer le rôle de signal qui leur était dévolu ; du plus loin qu'on venait, l'on apercevait au-dessus de la cité emmuraillée les couleurs du seigneur, symboles de sa puissance.
La défense était assurée par des archères-canonnières du type à bêche large permettant le tir d'armes à feu de moyen calibre, et par les machicoulis qui couronnaient le sommet des murailles.
Les portes
Trois portes furent reconstruites à la fin du XIVe siècle. Celle de Fauroeulx vers 1380-84 était selon une formule courante depuis le début du XIIIe siècle, constituée d'un châtelet à deux tours (5).
(5). Le plus ancien châtelet à deux tours connu dans nos régions serait celui de la porte Ronville à Arras qui remontait à la fin du XIIe siècle (1176 exactement). Néanmoins la formule ne semble guère s'être diffusée massivement avant le tournant du siècle suivant. On peut alors mentionner les exemplaires du château de Montreuil-sur-Mer (vers 1200), d'Arras (la porte Saint-Nicolas, 1214) puis ceux de Boulogne-sur-Mer vers 1230.
Par contre, la porte de Saint-Martin (1387-1389) différait sensiblement de ce modèle : elle était en effet percée dans une tour unique présentant un front semi-circulaire à l'extérieur et une façade rectiligne à l'intérieur.
La porte de Valenciennes était conçue sur un plan similaire mais avait des dimensions supérieures : elle décrivait un demi-cercle outrepassé qui atteignait jusqu'à 17 mètres de diamètre pour une profondeur de 16 mètres, la saillie sur l'alignement des courtines étant d'environ 7 mètres.
En élévation elle comportait trois niveaux :
- Le premier était celui du passage traversant de part en part la tour, large de 3 mètres à 3,40 mètres ; on y trouvait successivement une fois le pont-levis à bascule franchi, la chambre en permettant la manoeuvre, fermée de vantaux, deux travées voûtées d'ogives quadripartites puis une dernière travée voûtée en berceau brisé, barrée à son extrémité par une herse et de nouveau des vantaux. Les ogives qui reposaient sur des culots simplement épannelés étaient percées à leur clef de voûte d'un assommoir.
- Le second niveau arasé au début du XVIe siècle nous est connu par les descriptions qu'en donnent les comptes : il renfermait une vaste salle munie de nombreuses cheminées abritant en temps de paix la garnison.
- Quant au dernier niveau, il était en fait constitué d'une terrasse à l'air libre couronnée d'une galerie de mâchicoulis.
Signalons enfin qu'un des étages, sans aucun doute le rez-de-chaussée servait comme magasin d'artillerie, c'est-à-dire qu'on y emmagasinait les canons et munitions de la ville.
Ainsi tout comme celle de Saint-Martin, la porte de Valenciennes résultait d'une conception différente du modèle traditionnel à deux tours : par ses formes trapues (16 x 17 mètres au sol, moins de 20 mètres en élévation) le renforcement de ses maçonneries face au secteur exposé au feu de l'assiégeant (ou elles dépassaient 4,50 mètres contre 2,50 mètres ailleurs), le remplacement des combles par une plate-forme sommitale, elle annonçait déjà les principaux progrès qui seront réalisés à la fin du XVe siècle dans la fortification. Elle était donc un témoin précieux de l'évolution de l'architecture militaire et nous ne pouvons que regretter sa stupide disparition à la fin du XIXe siècle, pour des prétextes de circulation (6).
(6). Les portes viennent de faire l'objet d'une étude de M. Jean Mesqui, "La fortification des portes avant la Guerre de Cent Ans, Essai de typologie des défenses des ouvrages d'entrée avant 1350", Archéologie Médiévale, XI, 1981, p. 203-229. Le schéma défensif de la porte de Valenciennes au Quesnoy était donc le suivant : PL/V/2 A/H.V., les éléments d'arrêts constitués par les vantaux et la herse encadrant le sas battu par deux assommoirs et peut-être des archères latérales. La "coupure" du tablier du pont à hauteur de la porte, constituait "l'élément de rupture" du cheminement défensif.


Le Quesnoy, ses remparts. Histoire des fortifications de Vauban. Plan de 1545.
Plan de Deventer en 1545. Grand format

Le Quesnoy, ses remparts. Histoire des fortifications de Vauban. Plan de 1654.
Plan du Quesnoy tel qu'il a été fortifié après sa destruction par les espagnols en 1654
Grand format

La direction du chantier
De 1384 à 1403 la direction du chantier est assumée par le maître-maçon Thomas Ladart qui est mentionné pour la première fois à Ath en 1376 : il travaillait alors soit au château soit aux fortifications de cette ville. En 1385 il remplaça Jehan Frasniel dans la charge de maître-maçon de Hainaut. Le maître-maçon des ouvrages de Hainaut avait, avec le maître-charpentier, la responsabilité de l'entretien ou de la construction de tous les bâtiments domaniaux, des châteaux aux moulins et granges. La fortification ne lui était pas inconnue puisque dans certains cas l'entretien de l'enceinte urbaine relevait de l'autorité comtale : ainsi de celle de Bouchain qui semble avoir fait l'objet d'une restauration systématique, à partir des années 1340, sous la direction des maîtres des ouvrages de Hainaut successifs. Connaissant dont parfaitement tous les domaines de l'architecture, voyageant beaucoup, il avait une expérience plus grande que la plupart de ses confrères et bénéficiait en outre de l'estime attachée à cette fonction. Rien d'étonnant dès lors de constater qu'il fut appelé au Quesnoy, en dehors de ses attributions officielles, par le Magistrat de cette ville, désireux de confier à un architecte de renom les travaux qu'il entendait y réaliser.
Thomas Ladart eut la véritable maîtrise du chantier : c'est lui qui établit les plans et rédigea les devis des ouvrages, et procéda, en présence des responsables communaux à la passation des marchés et à la fin du chantier, à leur réception. Il avait un réel pouvoir discrétionnaire sur les adjudicataires des différents marchés, qu'il pouvait à tout moment, pour non respect des clauses de ceux-ci, renvoyer. Ainsi le maître-maçon quercitain Jaquemart d'Ardiel resta pratiquement pendant une trentaine d'années le seul entrepreneur de maçonnerie, son collègue Jehan Brusniau ayant été renvoyé pour malfaçon. Soulignons cependant qu'en dehors des différentes opérations que nous venons de décrire, sa présence au Quesnoy n'était qu'occasionnelle et n'était réclamée que pour quelque difficulté rencontrée au cours des travaux.
En 1406, date probable de son décès, Thomas Ladart est remplacé au Quesnoy par Noel Camp qui lui avait succédé dans la charge de maître-maçon des ouvrages de Hainaut.

Secteur de la gare

Le Quesnoy, ses remparts. Histoire des fortifications de Vauban. Contregarde neuve (10) du bastion Impérial.
Vue (v1), Accès Nord de la contregarde neuve (10) du bastion Impérial (01)
A noter les deux escaliers permettant l'accès au sommet de la contre garde.
Explication possible : permettre à deux colonnes de militaires d'arriver plus rapidement sur le haut du remparts.

Vue (v2), Demi-lune des Grais (12)

Le Quesnoy, ses remparts. contregarde du bastion César
Vue (v3), Contre garde du bastion César (13)
A l'origine, le saillant était en pierre.
Le Quesnoy, ses remparts. Histoire des fortifications de Vauban. Le bastion César.
Vue (v4), A gauche, la face Est du bastion César (03), au fond, la contregarde César (13), puis la poterne d'accès au souterrain, et à droite, la demi-lune des Grais (12)
Sur le flanc droit du bastion César, il y avait autrefois deux ouvertures pour les canons.
Le fossé a été remblayé afin de supprimer la zone marécageuse.
Le Quesnoy, ses remparts. Histoire des fortifications de Vauban. Casemates
Vue (v5), Casemates installées à la gorge du bastion royal (02). Carte postale colorisée.

Le Quesnoy, ses remparts. plan relief
Bastion Impérial (01), Porte de la Flamengrie (*4), Bastion Royal (02), Demi-lune des Grais (12), Bastion César (03), Contre garde du bastion César (13),
La demi-lune du Bastion Impérial n'existe plus (11)

Analyse de la gouache des albums de Croÿ.

Les remparts de Le Quesnoy sur les albums de Croÿ.

Sur la droite, on peut voir le bastion Impérial dont la construction attestée en 1539 devait remonter aux années 1535-1538 : il fut tracé au sol lors d’une expertise en janvier 1535. Le bastion fut ensuite englobé dans le tracé des nouveaux ouvrages opérés par Vauban à la fin du XVIIe siècle. Une partie des maçonneries du XVIe siècle est encore visible sur le flanc gauche du bastion Impérial. Le bastion, conçu dès 1534, fut érigé à partir de 1535 sur les plans des maîtres-maçons Jehan Lartésien, François Machon, Jehan Robin, Jehan Michiel outre Jehan Carré (maître-maçon de Bapaume).
A noter le moulin à pivot sur la plateforme.
La porte de Fauroeulx vers 1380-84 était selon une formule courante depuis le début du XIIIe siècle, constituée d'un châtelet à deux tours. Un pont levis à bascule en protégeait l'accès. L'octroi est situé sur un terre plein en avant du fossé.

Derrière le bastion Vert situé sur la gauche de la porte de Fauroeulx apparaît l'imposant château construit vers 1160 par Baudouin IV. Aux XIV et XVe siècles, d'importants travaux d'aménagement y furent apportés afin d'assurer aux comtes de Hainaut puis à leurs successeurs, les ducs de Bourgogne un logement digne de leur rang.
Le bastion du Gard est visible sur la gauche de l'image.
Au premier plan à droite, la porte est probablement celle de Landrecies. L'étang que l'on voit doit être celui d'Aulnoy et le long du ruisseau, l'étang Neuf ou du Pont Rouge n'a pas encore été creusé. La configuration actuelle jusqu'à la porte de Fauroeulx permet cette hypothèse.

Un dessin (ci-contre) récemment retrouvé à la Bibliothèque de l’Université de Gand (33) représentant le bastion Impérial vu de son flanc droit nous donne des indications complémentaires sur son élévation extérieure. Les flancs, dont l’élévation était inférieure à celle du boulevard proprement dit, possédaient deux niveaux de tir, un niveau inférieur voûté percé de chaque côté de 4 canonnières à bouche rectangulaire couverte d’un arc surbaissé, un niveau supérieur à l’air libre dont le parapet était percé sur chaque flanc de six canonnières à ébrasement externe séparées de merlons à profil courbe. L’accès aux flancs se faisait par une galerie souterraine percée dans le rempart de la ville, l’accès au boulevard par une tourelle d’escalier à vis. Les parements de brique des escarpes, dont l’élévation devait culminer à une quinzaine de mètres par rapport au fond des fossés, étaient rehaussés de dessins en forme de losanges ou de croix de Saint-André, symbole bourguignon. Le parapet supérieur, au-dessus d’un cordon mouluré, était percé de créneaux-canonnières séparés de merlons qui, comme sur les flancs, avaient un profil courbe. Deux canonnières étaient percées sur chaque pan d’épaule, trois sur chaque face. Une dernière canonnière de revers était percée côté flanc, soit un total de douze canonnières. Le dessin de Gand représente encore, outre une sorte d’engin à balancier, une pièce d’artillerie affûtée au saillant supérieure de boulevard, la gueule de l’arme étant engagée dans une canonnière. À l’extrémité de sa gorge, vers la ville, un massif quadrangulaire d’une vingtaine de mètres de hauteur jouait le rôle de cavalier ou plate-forme d’artillerie.
Les bastions de la Reine et Impérial (1534) associaient ainsi dans une synthèse les trois éléments antérieurs de la fortification du XVe siècle : les casemates basses et flanquantes, défilées aux vues de l’assaillant à la gorge de l’ouvrage ; le boulevard remparé au saillant ; la plate-forme de tir sur le rempart.


Les remparts de Le Quesnoy, dessin du bastion Impérial

(33) Ms. 3746, f° 129 d’un carnet de dessins démembré qui remonte à la fin du xvie siècle, voir Maurits Vandecasteele, « Les fortifications du Quesnoy et d’Avesnes vers 1600 : impressions figuratives d’un voyageur anonyme », dans Architectura 2, vol. 31, 2001, p. 133-144. On ne s’attachera pas au contenu de l’article, trop entaché d’erreurs.

L’ancien château comtal.
Il est fondé vers 1160 par Baudouin IV, comte de Hainaut (1125-1171). L’ensemble compose un vaste polygone d’une vingtaine de côtés aux angles flanqués de petits contreforts plats. Le tout est entouré de fossés, larges et profonds. Le logis principal se trouve au sud. A son extrémité est, prenait place une chapelle à deux niveaux (crypte ? et chapelle proprement dite) et chevet plat dont il subsiste la grande arcature gothique décorant le mur-gouttereau au sud dans la façade du pavillon. Elle existait avant 1168 et servit pour le mariage de Baudouin V et de Marguerite d’Alsace, sœur de Philippe, comte de Flandre, en 1169, auquel assiste l’empereur Frédéric Barberousse. En 1212, on y célèbre celui de Bouchard d’Avesnes et Marguerite de Constantinople. De la période romane subsistent peut-être deux étages de caves, renforcées au XVIIe siècle, et la structure de la seconde moitié du XIIe siècle de la porte d’entrée du côté de la place de la ville sous un habillage plus tardif (XVIIe siècle).
Du XIIe au XIVe siècle, « l’hostel » du Quesnoy est une des résidences principales des comtes de Hainaut, faisant l’objet d’un entretien régulier et de travaux constants. A partir du XVe siècle, le château est agrandi. Philippe le Hardi (1342-1404) qui a reçu le duché de Bourgogne en 1363, augmente encore son domaine, notamment à la mort de Louis de Male (1330-1384), comte de Flandre, son beau-père, en 1384. Il est alors très accaparé par Paris et les Flandres, utilisant les hôtels de Paris, Gand, Bruges, Lille, Arras et Hesdin et le château du Quesnoy, comme son successeur Jean sans Peur. A partir de 1384, les ducs de Bourgogne mènent une politique volontariste en Flandre et en Hainaut sur le plan militaire, mais également une politique somptuaire concernant les hôtels et châteaux dont Le Quesnoy a bénéficié.
La fille de Philippe le Hardi, Marguerite de Bourgogne (1374-1441), épouse Guillaume IV de Hainaut en 1385 et réside alors au Quesnoy en permanence. Elle est veuve en 1417 et sa fille Jacqueline qui naît au château du Quesnoy le 15 juillet 1401, hérite des possessions de son père. Lorsque Philippe le Bon, petit-fils de Philippe le Hardi, se rend maître du Hainaut en 1433, il donne le titre de comtesse douairière de Hainaut à Marguerite de Bourgogne qui y réside jusqu’à sa mort survenue le 8 mars 1441.
Au tournant du XVe siècle, le château est constitué d’un ensemble de bâtiments divers et de la chapelle entourant de vastes cours (grande cour et basse-cour). La présence d’une cour et d’une vie seigneuriale importantes a pour conséquence la réalisation de travaux destinés à en mieux loger les membres. On peut citer par exemple la modernisation du vieux logis par Philippe le Bon à partir de 1445 ou les travaux d’aménagement de 1460 à 1483, notamment la construction de murs de refend dans les caves sous la grande salle pour les vins de la comtesse, ou encore des travaux de réparations faites aux murailles en 1484-1485. Charles le Téméraire et sa fille sont les derniers souverains à y résider.
L’étude réalisée par Élyne Olivier précise que les deux niveaux de caves sous le bâtiment Cernay et la cave du pavillon sont antérieures à 1461, tout en précisant que le dépouillement complet des archives à faire permettrait certainement une meilleure datation. Elles pourraient même remonter au XIIe siècle. Ces caves étaient couvertes de voûtes d’arêtes en pierres blanches reposant sur des piliers carrés et culots en grès. La première sous le pavillon se compose d’un pilier central servant d’appui à quatre séries de voûtes. Elle correspond à peu près aux voûtes modernes de l’aile Cernay (XVIIe siècle). Un escalier permet de descendre un niveau plus bas sous ces caves modernes dans un premier niveau de caves médiévales composées de six travées dans la longueur et deux dans la largeur (séparées par des piliers carrés en grès). Ce niveau de cave, ainsi que celui qui se trouve en dessous, sont tous les deux entièrement construits en grès. Un couloir puis une cave de deux travées mène à un escalier qui dessert un troisième niveau de caves du même nombre de travées prolongées longitudinalement par des alvéoles voûtées en berceau plein cintre. L’espace central est lui-même couvert par des voûtes d’arêtes au centre prolongées par des berceaux sur les côtés. Toutes ces caves servaient au stockage des denrées et servit aussi à abriter la population avec leurs animaux. .....


Le Quesnoy, le château sur les albums de Croÿ.
De ce que l'on peut voir sur cette image de Croÿ, il ne reste que les deux bâtiments
situés en avant plan et qui forment l'ensemble de la caserne Cernay

..... Il s’agit d’un ensemble remarquable, bien conservé malgré la construction de murs de refends datant de la campagne des années 1680 afin d’en améliorer la soliditéToutes ces caves servaient au stockage des denrées et servit aussi à abriter la population avec leurs animaux. Il s’agit d’un ensemble remarquable, bien conservé malgré la construction de murs de refends datant de la campagne des années 1680 afin d’en améliorer la solidité.
Selon Alain Salamagne, le château comtal du Quesnoy est un exemple de transition de la forteresse de l’époque romane à l’époque gothique, dépourvu de donjon, il était doté d’une enceinte polygonale qui n’était pas encore renforcée de tours mais de contreforts qui pouvaient porter des échauguettes.

Remparts de Le Quesnoy, château de Marguerite de Bourgogne, plans
1 - Plan de 1654, on retrouve les deux tours rondes figurant sur l'image de Croÿ,
2 - Plan de 1787, le château et les remparts ont été profondément remaniés. Il reste cependant la tour de l'Écritoire.
3 - Les fouilles de 1997 et 1998 dirigées par Alain Salamagne ont permis de localiser ces deux tours rondes.
La tour du Trésor située à l'Ouest, et la tour de l'Écritoire, localisées sur la vue satellite.

Remparts de le Quesnoy, caves du château.


Le Quesnoy, le porche d'entrée du château.

Le château consistait en une simple enceinte ovoïdale se refermant sur les deux portes édifiées aux extrémités du grand axe, dont la longueur était de 120 mètres environ. Cette enceinte, constituée d'une douzaine de faces planes, n'était initialement flanquée que par les contreforts qui étayaient les angles du polygone : les portes elles-mêmes n'étaient pas flanquantes, puisque percées dans des massifs rectangulaires intérieurs à l'enceinte. C'est à partir du XIVe siècle que l'on se préoccupera de renforcer les défenses, en construisant, à un siècle d'intervalle, deux tours circulaires dites "Tour Ronde" et "Tour de l'Écritoire".
L'espace intérieur à. cette vaste enceinte était occupé, d'un côté du grand axe, par les communs appuyés aux murs, et, de l'autre côté, par le palais comtal dont subsistent d'importants vestiges, malheureusement très remaniés. On trouvait d'abord la "Grande Salle", accessible par un perron, et surmontée aux étages par les "Chambres", ou appartements des princes ; dans le prolongement de la "Grande Salle" était la chapelle à deux étages, alors qu'un pavillon qui servait aux hôtes de marque formait la dernière partie du palais à l'ouest.
Cet ensemble résidentiel, édifié par une dynastie féodale marquante, celle des comtes de Hainaut, est l'un des premiers châteaux à enceinte maçonnée "distendue" qui apparaisse dans le nord de la France ; suivi par bien d'autres dans la région, comme le célèbre château de Gand, il est à mettre en parallèle avec les forteresses du même type mises en évidence récemment en Normandie, en Alsace et en d'autres régions. Le palais lui-même appartient à une classe d'édifices princiers assez homogènes, dont Pierre Héliot avait donné un aperçu (2), et dont la connaissance s'enrichit aujourd'hui de découvertes importantes, comme sur le site de Caen. L'article d'Alain Salamagne sur le Quesnoy, fort bien documenté grâce aux sources anciennes auxquelles il a eu accès, permet de mettre en valeur l'importance du site pour l'architecture princière régionale, et donne un aperçu sur la qualité du mémoire universitaire, encore inédit, qu'il a consacré aux fortifications de la ville et du château.
- Alain Salamagne, Le château du Quesnoy, dans Mémoires de la Société archéologique et historique de l'arrondissement d'Avesnes (Nord), t. XXVII, 1980, p. 1-12. J. Mesqui.
(1) Jacques Thiébaut, Dictionnaire des châteaux de France, Artois, Flandre, Hainaut, Picardie, Paris, 1978.
(2) Pierre Héliot, Sur les résidences princières bâties en France du Xe au XIIe siècle, dans Le Moyen Age, t. 61, 1955, p. 27 et 231.

L'ensemble compose un vaste polygone d'une vingtaine de côtés, aux angles flanqués de petits contreforts plats. Le tout est entouré de fossés. Le logis principal se trouve au sud. A son extrémité est, prenait place une chapelle à deux niveaux et chevet plat dont il subsiste la grande arcature gothique décorant le mur gouttereau au sud, dans la façade du pavillon. De la période romane subsistent peut-être deux étages de caves, renforcées au 17e siècle, et la structure de la seconde moitié du 12e siècle de la porte d'entrée du côté de la place de la ville, sous un habillage du 17e. A cette époque, Libéral Bruant, architecte ordinaire du roi, dresse les plans d'une nouvelle aile. Le nouveau corps de logis est reconstruit à partir de 1681. Avant 1754, la galerie est déjà fractionnée en cinq pièces et un couloir. Durant la seconde moitié du 18e siècle, le pavillon Cernay (partie est de la caserne) est reconstruit sur des bases plus anciennes, constituées par des caves médiévales et peut-être modernes. L'arrivée de la Garde républicaine mobile en 1928 est l'occasion de travaux importants.


Le Quesnoy, le château de Marguerite de Bourgogne.
Les bâtiments sud figurent sur l'image de Croy. Ils ont été remaniés, mais les caves existent toujours.

Le Quesnoy, le château de Marguerite de Bourgogne.
Elévation sud de la caserne Cernay. Début XXème. Les grandes fenêtres de la fin du XVIIe siècle sont encore en place.

Secteur de la porte de Valenciennes

Le Quesnoy, ses remparts. Histoire des fortifications de Vauban. Bastion César
Vue (v1), Bastion César (03) orillon ouest.

Le Quesnoy, ses remparts. batardeau
Le batardeau (b1), près de la stèle dédiée
aux deux combattants tombés le 02 septembre 1944 porte de Valenciennes.
Le Quesnoy, ses remparts. batardeau
Vue (v2), Batardeau courbe (b2) non visible sur le plan relief.
Le Quesnoy, ses remparts. plan relief
Porte de Valenciennes (*3), Bastion César (03), Contregarde César (13), Demi-lune de Valenciennes (14),
Bastion Soyez (04), Contregarde neuve du bastion Soyez (15), Batardeaux (b1 & b2)

III - Les fortifications du Quesnoy et l'architecture militaire hainuyère

L'architecture militaire au XIIe siècle

Si Valenciennes fut pourvu de sa première enceinte dès la fin du XIe siècle (7), il faut attendre le second quart du XIIe siècle pour voir une campagne de longue haleine doter le Hainaut d'une série continue de points forts. Baudouin IV (1125-1171) fut l'instigateur de cette politique de fortification qui eut pour but tant d'imposer son autorité à ses turbulents vassaux, trop enclins à ériger des forteresses "adultérines" (l'expression est de M. Jean Mesqui), qu'à mettre son comté à l'abri de ses puissants voisins, royaume de France, Flandre ou Brabant (8). C'est ainsi qu'outre la création de nombreux châteaux, on entreprit entre 1140 et 1165 la construction de la seconde enceinte valenciennoise et de celles de Binche, Bouchain, le Quesnoy et Mons (9). D'autre part, Avesnes aurait été fortifiée dès 1 150 par le seigneur du lieu Gossuin d'Oisy (10) et Condé après 1184.
Peu d'éléments nous sont parvenus de ces premières réalisations, néanmoins il est possible de retracer le schéma d'évolution suivant : vers la mi-Xlle siècle, les courtines ne sont encore que très irrégulièrement renforcées de tours défensives et lorsque celles-ci existent, la première est mentionnée à Valenciennes en 1144, elles sont de plan quadrangulaire. A partir des années 1180 cependant, la tour de plan semi-circulaire se généralise et le flanquement devient bien plus régulier. Dans le même temps, l'on multiplie les niveaux actifs de ces tours par le percement de nombreuses archères (11).
Constatons donc qu'à la fin du XIIe siècle, les principales villes du comté étaient pourvues de leur enceinte entreprise donc entre 1140 et 1165, mais probablement pas achevée avant la dernière décennie du siècle.
(7). Sur cette enceinte, cf. M. le chanoine Platelle, "Le développement de Valenciennes du Xe au XIIIe siècle : le castrum, les bourgs, les enceintes. Etude topographique". Mémoires du cercle Archéologique et Historique de Valenciennes, t. 9, 1976, p. 21-52.
(8). L'architecture militaire hainuyère n'a jusqu'ici fait l'objet d'aucune étude ; signalons cependant sur le plan historique les articles de G. des Marez, "Les fortifications de la frontière Brabant-Hainaut au XIIe siècle, d'après la chronique de Gislebert de Mons" dans Annales de la Société d'archéologie de Bruxelles, t. XXVII, 1913, p. 331-355 et de M. Jean Dugnoille "Aux origines de la châtellenie et de la ville d'Ath. Quand fut construite la "tour de Burbant ?" dans Hommage au professeur Bonenfant ( 1899-1965), Bruxelles, 1965, p. 1 1 9-1 37.
(9). Il est probable que dans un premier temps l'on se contenta de creuser des fossés et de dresser, avec les terres rapportées, des retranchements défensifs : tant les données historiques qu'archéologiques concourent à cette explication. Remarquons d'ailleurs qu'en 1184, Baudouin V préféra abandonner à l'armée assiégeante les fortifications urbaines du Quesnoy pour se réfugier dans son castrum, preuve s'il en est qu'à cette date elles n'étaient guère encore en état de servir. On comprend dès lors mieux le rôle essentiel que jouait le château pendant les cinquante ou soixante années que pouvait durer la construction de l'enceinte.
(10). Selon M. Mossay, Histoire de la ville d 'Avesnes, Avesnes, 1979, p. 1 7.
(11). Il ne nous est pas possible de nous étendre ici sur les principales caractéristiques de l'évolution de l'archère du XIIe au XVe siècle ; disons simplement que les premières apparues au château des comtes de Flandre vers 1 180 et à la tour César du château de Mons vers 1185-1190 étaient du type "à sifflet" et dépourvues de plongée et de terminaisons d'extrémité.
Ce n'est qu'à partir du troisième quart du XIIIe siècle que l'archère à niche s'imposera dans le répertoire des ingénieurs militaires mais il faudra attendre le début du XIVe siècle pourvoir le triomphe définitif des terminaisons d'extrémité à bêche qui deviendront un véritable leitmotiv de l'architecture militaire jusqu'à la fin du XVe siècle.

L'architecture militaire au XIVe siècle
L'effort du XIIIe siècle explique l'activité moindre du XIIIe où l'on se contenta çà et là de perfectionnements de détail. Au XIVe siècle, nous assistons tout au contraire à une reprise de l'activité en ce domaine qui se traduisit soit par la construction de nouvelles enceintes soit par l'amélioration de celles existantes. C'est ainsi que Maubeuge à partir de 1339, Ath et Soignies à partir de 1370 furent dotées de leurs premières murailles tandis que la grande enceinte montoise s'achevait en 1390 (12).
(12). La seconde enceinte montoise fut en fait commencée en 1289 mais à vrai dire elle ne fut constituée jusqu'en 1346 que d'une simple levée de terre palissadée et précédée d'un fossé, si ce n'est les portes de ville construites en dur dès l'origine. Cf. Christiane Pierard, "Les premières fortifications de Mons", Revue belge d'Histoire Militaire, XXIII, 8, 1980, p. 681-694.
D'autre part de très importants travaux étaient réalisés à partir de 1340 aux enceintes de Bouchain et Valenciennes et dans le dernier quart du XIVe à celle du Quesnoy. Ces travaux portèrent sur l'amélioration à la fois des flanquements et de la défense des portes de ville, points particulièrement sensibles des fortifications. C'est là d'ailleurs que se perçoivent les premiers signes de l'évolution de l'architecture militaire.

Le Quesnoy aux XVIIIe et XIXe siècles
En 1710, cinq lunettes de terre sont construites afin d’éloigner les assiégeants de la ville, en occupant les hauteurs. Les Hollandais, qui occupent la ville depuis 1712, réalisent le projet de Vauban et édifient un ouvrage à corne à la porte Fauroeulx ainsi que quelques redoutes. À partir de 1720, d’autres améliorations sont effectuées dans la lignée des projets de Vauban dont la construction de redoutes et le remplacement de l’ouvrage à corne Fauroeulx. Au XIXe siècle, les casernes du château sont reconstruites et des casemates maçonnées ou terrassées sont ajoutées dans les différents ouvrages. Séré de Rivière construit des abris casematés en 1878, suite au reclassement du Quesnoy comme fort d’arrêt. En 1881, l’intérêt de la place est encore conforté.


Le Quesnoy, ses remparts. Histoire des fortifications de Vauban. Plan de 1682.
Le Quesnoy en 1682. Grand format

Le Quesnoy, ses remparts. Histoire des fortifications de Vauban. Plan de 1693.
Le Quesnoy en 1693. Grand format

Le Quesnoy, ses remparts. Histoire des fortifications de Vauban. Plan de 1710.
Le Quesnoy en 1710. Grand format

Secteur de la porte Saint Martin.

Le Quesnoy, ses remparts. Histoire des fortifications de Vauban. Contregarde (18) du bastion Sr Martin
Vue (v1), Photo prise de l'Avenue de la Libération. Vue sur la contregarde (18) du bastion St Martin (05) sur la gauche.

Le Quesnoy, ses remparts. porte St Martin
Vue (v2), Photo prise du batardeau (b6). Au premier plan, le pertuis qui permettait de réguler les hauteurs d'eau entre les deux étangs. Au fond, la redoute St Martin (17).

Le Quesnoy, ses remparts. plan relief
Porte St Martin (*2), Bastion Soyez (04), Bastion St Martin (05), Contregarde neuve du bastion Soyez (15),
Demi-lune St Martin (16), Redoute St Martin (17), Contregarde neuve St Martin (18), Batardeau (b6)

Secteur de la demi-lune des Suisses et du mémorial Néo-Zélandais.

Le Quesnoy, ses remparts. Histoire des fortifications de Vauban. Batardeau
Le Quesnoy, ses remparts. Histoire des fortifications de Vauban. Batardeau
Vues (v2 & v3), Le très imposant batardeau (b3) qui relie la tenaille du moulin du Gard (19) à la demi-lune des Suisses (20).

Le Quesnoy, ses remparts. Histoire des fortifications de Vauban. Demi-lune
Vue (v4), Au 1er plan, vue sur la pointe sud-est de la demi-lune des Suisses (20) et en fond d'image, l'extrémité nord de la contregarde neuve du bastion du Gard (22)

Le Quesnoy, ses remparts. Histoire des fortifications de Vauban. Orillon
Vue (v6), Orillon ouest de la demi-lune des Suisses (20) et au 1er plan le batardeau (b4) qui la relie à sa contregarde (21).

Le Quesnoy, ses remparts. demi-lune des Suisses
Vue (v5), Même endroit vu de l'autre coté du batardeau (b4)

Le Quesnoy, ses remparts. demi-lune des Suisses plan relief
Vue (v1), Demi-lune des Suisses (20) extrémité nord et face droite.

Le Quesnoy, ses remparts. plan relief
Contregarde neuve de St Martin (18), Bastion de St Martin (05), Tenaille du moulin du Gard (19), Demi-lune des Suisses (20),
Contregarde des Suisses (21), Bastion du Gard (06), Contregarde neuve du bastion du Gard (22), Mémorial Néo-Zélandais (*7).

Le mémorial Néo-Zélandais.

Le Quesnoy, ses remparts. Le mémorial Néo-Zélandais.
Le mémorial Néo-Zélandais. (*7)

Le Quesnoy, ses remparts. Le mémorial Néo-Zélandais.
L'Assaut des remparts peint par George Edmund Butler artiste officiel
du corps expéditionnaire de la Nouvelle-Zélande.
Le Quesnoy, ses remparts. Le mémorial Néo-Zélandais.
Leslie Cecil Lloyd Averill, 25 mars 1897 - 4 juin 1981 Photo Wikipédia.

Le Quesnoy, ses remparts. Le mémorial Néo-Zélandais.

Le gouvernement néo-zélandais décide dès 1920 d’inscrire son jeune passé dans la pierre. S. Hurst Seager reçoit donc la charge de concevoir les mémoriaux de Longueval et Le Quesnoy en France, de Messines en Belgique et de Chunuk Bair à Gallipoli, quatre haut lieux du corps expéditionnaire néo-zélandais pendant la Grande Guerre. Outre la conception, S. Hurst Seager doit trouver l’implantation idéale du mémorial. C’est donc lui qui supervise les travaux d’installation du monument dont la réalisation est assurée par l’artiste valenciennois Félix Desruelles, auteur aussi du monument aux morts du Quesnoy. Les plans du monument des Néo-Zélandais en lui-même sont l’œuvre d’un dessinateur du British Flying Corps d’origine écossaise, Robert Henry Fraser, spécialiste des plâtres et fondateur de l’Art War Memorial Tablet en 1918. Ce monument des Néo-Zélandais fiché dans un mur de courtine entre deux bastions, celui du Gard et Saint-Martin, date de 1922. Il sera inauguré le dimanche 15 juillet 1923, en présence du maréchal Joffre, de Lord Milner et de Sir James Allen le premier ministre néo-zélandais. Un détachement de dix soldats dont Leslie Averill étaient également présents.

Le Quesnoy, ses remparts. mémorial néo-zélandais

Le mémorial néo zélandais est situé au jardin des souvenirs de la ville, le long des remparts édifiés par Vauban, où se déroula l'attaque menée par Leslie Averill et le 4ème bataillon de la New Zealand Rifle Brigade le 4 novembre 1918, une semaine avant la fin de la guerre. Le terrain a été offert par la ville à la Nouvelle-Zélande.

Le Quesnoy, ses remparts. Histoire des fortifications de Vauban.
L'assaut des remparts le 4 novembre 1918.
Photo / Collections spéciales Sir George Gray.
Bibliothèques d'Auckland. AWNS-19190327-32-2

Ci-contre
Le commandant de division néo-zélandais, le général de division Russell, entrant dans Le Quesnoy, en France, à cheval, tôt le matin après sa capture pendant la Première Guerre mondiale. Le montre à travers la porte Flamengrie (flamande) de la ville après être venu de la gare.
Photographie prise le 5 novembre 1918 par Henry Armytage Sanders. Inscriptions : Inscrit - Notes marginales sur le négatif - en bas à gauche : H1149. Quantité : 1 négatif(s) original(aux) n & b. Description physique : négatif en verre plat sec 4 x 5 pouces. Royal New Zealand Returned and Services' Association : Négatifs officiels néo-zélandais, guerre mondiale 1914-1918. Réf : 1/2-013702-G. Bibliothèque Alexander Turnbull, Wellington, Nouvelle-Zélande

La tour-porte semi-circulaire
Si dans la majeure partie des cas, les architectes adoptèrent au cours de ce XIVe, comme type de porte, le classique châtelet à deux tours, néanmoins une autre formule, amenée à régner de façon presqu'inconditionnelle à partir des années 1380, se développa parallèlement : celle de la porte percée dans une tour unique de plan semi-circulaire.
Cette formule n'était pas inédite, car nous en connaissons des exemplaires du début XIIIe, ainsi des portes des châteaux de Coudray-Salbart (13) et de Bressuire dans les Deux-Sèvres, mais il n'apparaît pas qu'elle jouit dans l'immédiat d'un franc succès. Par contre, on lui porta un regain d'intérêt dès le premier ou le second quart du XIVe siècle, citons par exemple la porte dite de la Reine-Berthe à Montreuil-sur-Mer et celles de la dernière enceinte de Tournai. Il semble que la porte Saint-Prix à Béthune (1361) constitua une étape supplémentaire dans la définition de cette formule puisqu'elle était déjà dotée d'une plate-forme sommitale sur laquelle il était possible, grâce à une rampe, de monter des pièces d'artillerie (14).
Nous avons retrouvé une vingtaine d'autres exemplaires de ce type, tous ou presque (15) situés au nord d'une diagonale comprise entre Cambrai et Malines, ce qui démontrerait que cette formule fut l'apanage quasi exclusif des Anciens Pays-Bas Méridionaux. Ne subsistent aujourd'hui à notre connaissance que les portes des châteaux de Beersel, Bernâtre et Renescure, cette dernière construite après 1431 (16) et la porte de Hal à Bruxelles (1381). Mais pour quelles raisons accorda-t-on la préférence à cette dernière formule architecturale ?
Le châtelet des XIIIe et XIVe siècles avait l'avantage grâce à ses deux tours d'assurer son propre flanquement, mais nécessitait de ce fait le percement de nombreuses archères affaiblissant la résistance des murs ; il était certes possible d'augmenter l'épaisseur de ceux-ci, mais cela renchérissait d'autant le coût des travaux. D'autre part avec le développement de l'artillerie au XIVe siècle, le rentrant ménagé entre les deux tours devenait particulièrement vulnérable : il suffisait de quelques coups bien placés pour abattre les défenses du passage. La parade qui tout naturellement s'imposait était de supprimer ce rentrant, ce qui permettait d'allonger la longueur du passage et d'épaissir les maçonneries au saillant de l'ouvrage.
A performances égales (nous entendons la longueur du passage) la tour-porte présentait trois avantages :
- un effectif de garnison réduit
- un coût moindre car le volume des maçonneries y était comparativement plus faible
- une plus grande résistance à l'artillerie dont les boulets ne faisaient que glisser sur sa surface curviligne. La porte devenait ainsi une sorte de formidable donjon dont la défense résidait avant tout dans sa masse imposante, invulnérable ou presque aux tirs de l'assiégeant.
Il n'est dès lors point étonnant de constater la faveur dont jouit à partir de la fin du XIVe siècle cette formule ; certes toutes ces portes n'atteignaient pas au gigantisme des exemplaires du Quesnoy ou de Bruxelles, mais du moins les similitudes entre elles nous paraissent suffisamment convaincantes pour nous permettre d'isoler cette nouvelle famille architecturale (17).
(13). En réalité la porte d'entrée du château de Coudray-Salbart n'est pas semi-circulaire mais circulaire ; on n'en voit pas d'ailleurs très bien l'intérêt. Il n'empêche qu'elle constitua sans doute une des étapes essentielles dans l'élaboration de cette formule de la tour-porte.
(14). Sur la porte Saint-Prix à Béthune, cf. Guesnon "La porte Saint-Pry à Béthune et son inscription", Statistique monumentale du Pas-de-Calais, Arras, 1889.
(15). Un autre groupe semble en effet avoir existé dans l'ouest, citons les exemplaires de Blain, Dinan, Thouars et Vendôme pour les XIVe et XVe siècles. Des recherches approfondies permettraient probablement d'en découvrir d'autres.
(16). Seydoux, Châteaux et manoirs de Flandre Française, éd. de la Morande, 1978, p. 41-43. Cette porte a été malheureusement défigurée par une récente restauration.

(17). La tendance à l'allongement du passage se fit jour dès la fin du XIIIe siècle, elle devait devenir par la suite une des constantes de l'évolution du schéma défensif des portes. Néanmoins avant 1300 les passages ont, généralement, une longueur inférieure ou égale à 10 mètres. Par la suite elle fut portée à 12 mètres à la porte Tournaisienne à Valenciennes (1359-1362), à 15 mètres à la porte du Saint-Sépulcre à Cambrai (1393), à 16 mètres à la porte Valenciennoise au Quesnoy, à 25 mètres à la porte Notre-Dame à Douai (1453) tandis qu'il n'est pas rare au XVIe siècle d'atteindre le chiffre incroyable de 30 mètres! Nous développerons ultérieurement les problèmes posés par les portes de ville et les diverses solutions qui furent trouvées pour les résoudre, en particulier celle constituée par la tour-porte.
Conclusion
Résumons maintenant les principales caractéristiques, à travers l'exemple du Quesnoy, de l'évolution de l'architecture militaire du XIIe au XIVe siècle, principalement en Hainaut.
C'est à partir des années 1150, ou un peu avant, que les comtes de Hainaut entreprirent une vaste campagne de fortification, continuée sans guère d'interruptions jusqu'aux environs de l'an 1200, qui multiplia, sur les territoires dont ils étaient les princes, les châteaux et les places-fortes, devenus les instruments de leur puissance. Cette politique ambitieuse se concrétisa vers 1190 par l'annexion au Hainaut du Namurois ; l'année suivante Baudouin V (1171-1195) devenait, par le jeu d'alliances familiales, comte de Flandre sous le titre de Baudouin VIII : ainsi se trouvaient réunies sous un même sceptre des principautés longtemps antagonistes.
C'est sur ce long chantier du XIIe siècle que se forgea l'architecture militaire hainuyère, leur durée permettant d'y mettre en oeuvre, au fur et à mesure de leur progression, les dernières innovations réalisées en ce domaine. Au début du XIIIe siècle, les fortifications de nos régions n'avaient rien à envier aux meilleures réalisations du Domaine Royal.
Si le XIIIe siècle fut marqué, dans une certaine mesure, par une pause en matière de construction, par contre le XIVe siècle vit une reprise général de l'activité qui se traduisit par la fondation ou l'amélioration des enceintes urbaines.
Cette reprise s'accompagna de recherches nouvelles tendant à remettre en cause les règles classiques établies dans l'art militaire par les ingénieurs du début XIIIe. Deux courants virent alors presque simultanément le jour : le premier illustré par un monument majeur de l'architecture militaire, la porte de Tournai à Valenciennes (1359-1362) développait les tendances à l'irréalisme qui seront celles de la fin du siècle et dont Pierrefonds constitue un magnifique exemple (18). Le second parfaitement représenté par la porte de Valenciennes au Quesnoy (1396-1400) se caractérisait par ses tendances au tassement des ouvrages, à la réduction des percements affaiblissant les maçonneries, au remplacement des hauts combles par une plate-forme sommitale.


Le Quesnoy, ses remparts. Histoire des fortifications de Vauban. Plan de 1769.
Le Quesnoy en 1769. Grand format

Le Quesnoy, ses remparts. Histoire des fortifications de Vauban. Plan de 1792.
Le Quesnoy en 1792.
Grand format

..... Bien entendu ce courant plus réaliste fut déterminé par l'introduction de cette composante nouvelle dans l'art de la guerre, l'artillerie, couramment utilisée au niveau de la défense et de l'attaque des places dès les années 1350, du moins dans nos régions.
Certes ces idées novatrices ne furent pas reçues de façon égale et tout au long du XVe siècle pourra-t-on assister à des résurgences occasionnelles, surtout au niveau de la fortification castrale, des concepts mis en oeuvre par la première formule. Comment aurait-il pu d'ailleurs en être autrement? Il ne faudrait pas sous-estimer l'attachement des grands féodaux ou des patriciats urbains à une architecture de prestige démonstratrice de leur puissance.
Combien il était difficile à l'imaginaire médiéval de supprimer tout symbole se remarquait tout particulièrement au Quesnoy : si la porte de Valenciennes relevait bien du second courant que nous venons de définir, les tours de flanquement étaient par contre redevables à la première de leurs très hauts combles pour l'ornementation desquels on dépensa d'importantes sommes. Plus qu'à Thomas Ladart, c'est, à notre sens, au Magistrat du Quesnoy qu'il faut attribuer ces apparentes contradictions formelles. Quoiqu'il en soit, ces réalisations avaient le mérite de témoigner des différentes tendances stylistiques parcourant l'architecture militaire en ces années charnières du XIVe siècle et de montrer quelle part importante prit notre région dans leur élaboration.
(18). La porte de Tournai à Valenciennes constituait le plus ancien exemplaire connu de cette famille architecturale qualifiée de Pierrefonds ou un très haut commandement est obtenu par l'insertion d'un étage supplémentaire au sommet des tours. D'autres traits tout aussi étonnant de cette fortification contribuaient à faire de cet ouvrage la tête de file du courant irréaliste parcourant l'architecture militaire dans la seconde moitié du XIVe siècle.

État actuel
L’ensemble des remparts de Le Quesnoy subsiste. Déclassés définitivement en 1901 et propriété de la commune, ils sont régulièrement entretenus. Pour les défenses hydrauliques, deux des trois bassins existent encore et sont entretenus par un curage périodique. La place de Le Quesnoy illustre le génie d’adaptation de Vauban à des ouvrages existants et ses connaissances en matière hydraulique, faisant de l’eau un élément à part entière de son système de défense.

Sources :
- Site de la Ville de Le Quesnoy : Le Quesnoy ville forte
- Portail Persée (article de 2011) : Philippe II de Croÿ et la fortification des villes de Hainaut
- Portail Persée ( Revue du Nord Année 1981) : Les fortifications médiévales de la ville du Quesnoy
- Sites vauban.org : www.sites-vauban.org/Le-Quesnoy
- Direction régionale des Affaires culturelles Nord – Pas-de-Calais (2015) : cdn.s-pass.org - Le Quesnoy - PDF

Secteur du Bastion du Gard et du demi bastion du château.

Le Quesnoy, ses remparts. Histoire des fortifications de Vauban. Bastion du Gard
Vue (v1). Fossé situé devant la face sud du bastion du Gard (06)

Le Quesnoy, ses remparts. Histoire des fortifications de Vauban.
Vue (v2). Photo prise du coté Est du bastion du Gard (06). En fond d'image le demi bastion du château (07) et le centre Cernay (*1)


Contregarde neuve du bastion du Gard (22), Bastion du Gard (06), Réduit (23), Enveloppe du réduit (24), Ravelin (25),
Demi bastion du château (07), Ancien château Marguerite de Bourgogne (*1).
Le Quesnoy, ses remparts. Histoire des fortifications de Vauban. Dessin
Le Quesnoy en vue cavalière (non datée). On peut remarquer le moulin à pivot situé sur les remparts. Image Gallica BnF. Grand format

Le Quesnoy, ses remparts. Histoire des fortifications de Vauban. Estampe
Estampe représentant le siège de Le Quesnoy par le prince Eugène en 1712. Image Gallica BnF. Voir en grand format

Le Quesnoy, ses remparts. Histoire des fortifications de Vauban.

Le Quesnoy, ses remparts. Histoire des fortifications de Vauban.
Ces deux dessins sont de la première moitié du 18ème siècle. Les vues ci-dessus nous permettent d'imaginer ce qu'était un chantier de construction des remparts.
Il semblerait que les blocs de pierre étaient acheminés sur place avant d'être taillés. On voit aussi comment les contreforts étaient implantés.
Le Quesnoy, ses remparts. Histoire des fortifications de Vauban.
1 - Escarpe, 2 - Contreforts, 3 - Remblai de terre

Le Quesnoy, la tête de pont du Roi.
Lors de l’entrée en lice de la France dans la guerre de Trente Ans, des travaux de mise en défense de la ville sont entrepris par les espagnols entre 1637 et 1643, mais ils affectent fort peu la physionomie de la ville. Ils consistent essentiellement dans l’aménagement d’ouvrages avancés comme la demi-lune Saint-Martin 1644-1649 due aux ingénieurs de Philippe IV, dont le lillois Govaert Blom. Le Quesnoy est emportée par Turenne en septembre 1654. les Espagnols ne manquent cependant pas de détériorer le plus possible les remparts avant de quitter la place. En 1659, Le Quesnoy est définitivement rattaché à la couronne de France en vertu du traité des Pyrénées. Le Quesnoy constitue alors pour Louis XIV une base avancée dans les territoires espagnols qu’il convient à tout prix de conserver. Le Roi et Louvois vont donc mettre les grands moyens pour la modernisation de la place : Les travaux sont confiés à Vauban, qui en délègue l’exécution à La Touche, puis Aubigny..........

Le Quesnoy, ses remparts. Histoire des fortifications de Vauban.

...... La modernisation des fortifications de la ville est menée entre 1667 et 1673. Le corps de place constitue un octogone flanqué de 8 bastions. 4 bastions datent de l’époque de Charles-Quint (vers 1540) (Forest, Impérial, César, Soyez), les 4 autres ont été construits ou aménagés à l’époque de Louis XIV. Les fossés sont pour la plupart inondables, alimentés par les eaux provenant de la forêt de Mormal et acheminées vers le Quesnoy par le canal d’Ecaillon, aménagé sans doute dès la fondation du Quesnoy au XIIe siècle pour capter une partie des eaux de l’Ecaillon. A partir de 1738 jusqu'à la veille de la révolution, un vaste ouvrage à corne est aménagé au milieu des étangs au sud-ouest de la ville pour protéger le faubourg Fauroeux. La ville va subir deux sièges dans la seule année 1712 qui verra la victoire de Denain remportée par le maréchal de Villars. Prise par les Autrichiens en 1793, elle sera reprise dès 1794. Après Waterloo, Le Quesnoy est à nouveau prise le 24 juin 1815 par les troupes néerlandaises, auxquels succédèrent les Saxons et les Russes qui occuperont la ville jusqu’en 1818.Source: CAUE du Nord – Mars 2006, Carnet de ville du Quesnoy

Secteur du bastion Vert et de l'étang du pont rouge.

Le Quesnoy, ses remparts. Histoire des fortifications de Vauban. La porte de Fauroeulx.
Vue (v1), La porte de Fauroeulx (*5), vue sur le flanc gauche du bastion Vert ou du moulin à vent (08), la poterne, et le lac Vauban.

Le Quesnoy, ses remparts. Histoire des fortifications de Vauban. Porte Fauroeulx
Vue (v2), L'entrée en ville par la porte Fauroeulx, le lac Vauban, et à gauche, la face Est du bastion Vert (08)

Le Quesnoy, ses remparts. porte de Fauroeulx
Vue (v3), Le pont et la porte Fauroeulx vus du bastion Vert (08)

Le Quesnoy, ses remparts. Histoire des fortifications de Vauban. Etang du Pont Rouge.
Vue (v4), Etang du Pont Rouge, aujourd'hui base de loisir.

Le Quesnoy, ses remparts. plan relief
Demi bastion du château (07), Bastion Vert ou du moulin à vent (08), Demi-lune de Forest (09), Bastion Impérial (01), Porte de Fauroeulx (*5)

Etapes de la fortification

XIIe-XIVe siècles (période hainuyère)
Le château et la ville sont fondés vers 1150-1160. En 1184, les impératifs de mise en défense du Château obligent Beaudouin V à incendier la ville pour empêcher que le comte de Flandre n’y trouve appui pour assiéger le château.
XIVe-XVe siècles (période bourguignonne)
La construction de l’enceinte urbaine débute vers 1370-1380 et s’achève vers 1412. L’enceinte du Quesnoy avec ses 2200m de développement avait des dimensions moyennes pour une ville du Moyen-Age, mais conséquentes pour une fondation du XIIe siècle. A la fin du XVe siècle, elle était flanquée d’une trentaine de tours.
1534-1649 (période espagnole)

La modernisation des fortifications par Charles Quint va occasionner une série de transformations importantes de l’enceinte urbaine : l’enceinte médiévale est intégrée dans les nouveaux remparts qui sont dressés à partir de 1534 sur les plans de Frate da Modena (Jacopo Seghizzi). On construit 5 bastions ou boulevards : bastion impérial ou de Bauet, bastion Forest ou Vert, bastion Soyez ou du Mayeur, bastion César, bastion du Moulin ou du Gard. Entre 1637 et 1643, des travaux de mise en défense de la ville seront entrepris par les espagnols, mais ils consistent essentiellement dans la construction d’ouvrages avancés aux ingénieurs de Philippe IV, dont le lillois Govaert Blom.
1667-1686 (règne de Louis XIV).
La modernisation des fortifications de la ville par les français est menée entre 1667 et 1673. Le corps de place constitue un octogone flanqué de 8 bastions. 4 bastions datent de l’époque de Charles-Quint (Forest, Impérial, César, Soyez), les 4 autres ont été construits ou aménagés à l’époque de Louis XIV : bastion royal (1668), demi-bastion du Château (1671), bastion du Gard nouveau et bastion Saint-Martin de pair avec l’aménagement de la demi-lune des Suisses.

Les fossés sont pour la plupart inondables, alimentés par les eaux provenant de la forêt de Mormal et acheminées vers le Quesnoy par le canal d’Ecaillon.
XVIIIe siècle
Avant sa mort en 1732, Valory, gouverneur de la ville, rédige un mémoire qui insiste sur la nécessité de créer deux ouvrages essentiels à la mise en défense de la place: la contregarde du bastion du Gard et l’ouvrage du faubourg Fauroeulx. La contregarde du bastion du Gard (1732-1735) est achevée sous la direction de l’ingénieur Le Virloys, l’aile gauche en est prolongée en 1738. A partir de 1738, un vaste ouvrage à corne est aménagé au milieu des étangs au sud-ouest de la ville pour protéger le faubourg Fauroeux.
XIXe siècle

Dans la 1ère moitié du XIXe siècle, différents projets de renforcement des remparts de la ville sont proposés avec le souci majeur d’améliorer les défenses de manière à répondre aux progrès de l’artillerie. En 1833-1834, des cavalier sont aménagés sur le bastion César et le bastion Soyez en même temps qu’on érigeait la caserne Lowendal en arrière du bastion Royal. Au sud, trois ouvrages avancés couvrant le demi-bastion du Château sont supprimés et remplacés à partir de 1845 par un ouvrage unique beaucoup plus grand. Ce sera le dernier ouvrage fortifié réalisé au Quesnoy car, deux ans plus tard, en juin 1867, la place sera déclassée. Reclassée en juin 1878 pour servir de fort d’arrêt dans le système élaboré par Séré de Rivières, certains aménagements y seront apportés comme la construction de nombreux abris-traverses, d’un télégraphe optique dans le cavalier du bastion César et d’une caserne souterraine de siège dans le bastion Royal en 1881. Déclassée à nouveau définitivement en 1901, elle n’a pourtant pas été démantelée.

Source: CAUE du Nord – Mars 2006, Carnet de ville du Quesnoy

Premier déclassement et remise en service
La place du Quesnoy est déclassée le 26 juin 1867, le rempart est percé à l'ancienne porte Flamengrie pour créer une nouvelle rue vers la gare. À la fin de la guerre franco-allemande de 1870, le général Séré de Rivières est chargé de renforcer la frontière française et pour ce faire il va créer des places fortes autour des villes composées d'ouvrage de fortification polygonale. Il décide de construire une place fortifiée à Valenciennes ainsi que des ouvrages pour défendre la forêt de Mormal, de ces ouvrages, seul le fort de Curgies est construit au sud de Valenciennes tandis que la place du Quesnoy est en parallèle reclassée en 1878 pour servir de fort d'arrêt. Les fortifications sont réparées et des ajouts sont effectués selon les méthodes du système Séré de Rivières : le bastion royal reçoit un casernement moderne similaire à celui des fort du système provoquant la destruction des deux tours médiévales restantes sur l'ancienne courtine derrière la gorge du bastion ; sur le bastion du Gard deux traverses-abris avec plates-formes de tir sont ajoutées ; .....

..... sur le bastion Vert une traverse-abris traversante est ajoutée de même que des abris, à la gorge du bastion ; sur le bastion César une traverse-abris traversante est ajoutée, une poudrière casematée est construite en 1882 à la gorge du bastion, remplaçant l'ancienne poudrière du XVIIe siècle, les deux casemates à embrasures de tir dans le flanc droit du bastion César sont probablement également rajoutées à cette époque ; sur l'ouvrage à cornes de Faurœulx, une traverse-abri est ajoutée dans le bastion gauche et une autre traversante dans le droit, un abri est également ajouté au souterrain de la poterne du flanc du bastion gauche ; en 1885, la porte de Valenciennes percée à travers une tour est démolie, le rempart est simplement percé en remplacement, les portes Faurœulx et de l'ouvrage à cornes sont également modifiées à cette époque, l'ancienne porte est supprimée, deux passages latéraux couverts sont percés pour la porte Faurœulx et un seul pour celle de l'ouvrage à cornes. Un abri est également ajouté à droite de l'ancienne porte Saint-Martin.

Secteur du bastion Impérial.

Le Quesnoy, ses remparts. Histoire des fortifications de Vauban. La porte de Fauroeulx.
Vue (v2), La porte de Fauroeulx (*5) , le lac Vauban et le bastion Impérial (01).

Le Quesnoy, ses remparts. bastion Impérial
Vue (v4), Saillant Est du bastion impérial (01). A droite, la contregarde neuve du bastion Impérial (10). En fond d'image, le pont et la porte de Fauroeulx.

Le Quesnoy, ses remparts. demi-lune de Forest
Vue (v1), Entrée sud de la demi-lune de Forest (09)

Le Quesnoy, ses remparts. demi-lune de Forest
Vue (v3), Demi-lune de Forest vue de la porte de Fauroeulx

Le Quesnoy, ses remparts. plan relief
Bastion Vert (08), Demi-lune de Forest (09), Bastion Impérial (01), contregarde neuve du bastion Impérial (10), Porte de Fauroeulx (*5).

Plan relief de Le Quesnoy

Le Quesnoy, ses remparts. plan relief
Plan relief conçu et réalisé par Monsieur Bernard Debrabant. Voir en grand format.

Les remparts de Le Quesnoy en 1650.

Le Quesnoy en 1600.
La mise au point d'une artillerie performante a contraint les villes à s'abriter derrière des fortifications adaptées aux projectiles tirés par les canons.
Les "dentelles" de pierre, établies au sommet des murailles (merlons et mâchicoulis) ont disparu.
Par contre des terres prise dans les fossés ont été accumulées derrière les murs pour les consolider et pouvoir supporter des bouches à feu.
Dans les fossés élargis ont été aménagés:
- à gauche un boulevard, futur bastion vert.
- à droite un moineau, futur bastion impérial.
Maquette exécutée d'après la gouache de l'album ce Croÿ.


Les remparts de Le Quesnoy en 1654.

Le Quesnoy en 1654. (Le front Fauroeulx)
Cinquante ans séparent cette maquette de la précédente.
Entre temps l'on a fait devant la porte Fauroeulx un ouvrage en terre que l'on appelle ravelin ou demi-lune.
Sur le bord extérieur rectiligne du fossé a été aménagé un chemin couvert (couvert c'est à dire à l'abri des vues et des coups) qui constitue une première défense.
Le bois sert à faire des palissades (pieux enfoncés verticalement dans la terre) et des fraises (pieux inclinés ou même horizontaux).
Maquette exécutée d'après un plan et une gravure d'époque.


Remerciements à l'association du "Cercle historique Quercitain" et à son Président Bernard Debrabant pour sa contribution à la réalisation de cette page.
Je remercie également Charline Boucly et Sébastien Meurant pour la mise en relation avec l'association.




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