Maubeuge
Musée Henri Boëz
Les Musées de l'Avesnois
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La longue histoire du musée Henri Boëz à Maubeuge

Maubeuge, musée Henri Boëz, collections
1878 - création du musée, 1993 - fermeture du musée

1036 oeuvres dorment dans les réserves de la ville de Maubeuge depuis pratiquement 30 ans
et une seule question se pose : quand retrouveront elles la lumière?
Des projets sont à l'étude......Il reste à espérer qu'ils se concrétiseront rapidement.
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Maubeuge, musée Henri Boëz, portrait.
Henri Boëz 1892 - 1972

Ingénieur de formation, Henri Boëz était également peintre autodidacte. Membre de la Société des Artistes, il s'est adonné à la peinture et à l'aquarelle et a offert plusieurs de ses œuvres au musée. Nommé conservateur du musée de Maubeuge le 1er octobre 1934, il s'y est entièrement consacré jusqu'en 1970. Reconstituant les collections en suscitant des dons, en commandant des œuvres et en achetant des tableaux, il a permis au musée une première renaissance après la Première Guerre mondiale. Contraint de quitter la salle Sthrau lors du second conflit mondial, Henri Boëz installe temporairement le musée à l'Hospice avant de déménager à nouveau à l'ancien Chapitre qu'il continue d'aménager plusieurs années durant. Il a donc œuvré à rouvrir le musée à trois reprises. En son hommage, le musée fut renommé "Henri Boëz" à son décès en 1972.

Auguste Guillain (1838-1908)
Auguste Guillain participe à la fondation du musée en 1878. Clerc de notaire et à la tête d'une fortune familiale, il constitue une collection d'œuvres d'art et d'antiquités. En parallèle, il fait bénéficier le musée de sa générosité à de nombreuses reprises. Il a ainsi acquis, par exemple, La Gloire étouffant le Génie de Gustave Doré au décès de l'artiste en 1885 dans le but de l'offrir au musée. A sa mort en 1908, à Maubeuge, il n'a ni épouse ni descendant. Par son testament, il lègue au musée de Maubeuge sa riche bibliothèque d'art ainsi que sa collection complète de peintures, sculptures et objets d'art. Il dote également la ville d'une somme de 35 000 francs pour l'installation de la collection et son entretien dont 1071 francs annuels dédiés à l'acquisition d'œuvres d'art.

Maubeuge, musée Henri Boëz
La Gloire étouffant le Génie de Gustave Doré (1878)
Plâtre, 255 × 163 × 146 cm
Maubeuge, musée Henri Boëz
L'entrée du musée dans les bâtiments du Chapitre en 1972.

La 2ème renaissance du musée :
A l'issue du conflit mondial, les œuvres sont réacheminées vers leur musée. En 1945, le musée est très rapidement réinstallé dans l'ancien Hospice. La Ville est même félicitée par la Direction Générale des Musées qui souligne que "une ville comme Maubeuge se doit d'avoir un musée." L'Hospice est toutefois en mauvais état et doit être détruit.
Récemment rénové et inscrit au titre des Monuments historiques, l'ancien Chapitre des Chanoinesses est désigné comme nouveau lieu d'accueil des collections. En 1956, le musée y rouvre ses portes. Seules quelques salles d'abord, au rez-de-chaussée, puis s'étend au premier étage et accueille de plus en plus d'expositions et de visiteurs grâce au travail de Henri Boëz appuyé et soutenu par Pierre Forest, maire de Maubeuge.

Maubeuge, musée Henri Boëz,
L'ancien Hospice situé dans la rue du même nom.

De l'Hôtel de Ville au musée Fercot-Delmotte : naissance du musée de Maubeuge.
Créé en 1878 par des amateurs maubeugeois et dirigé par Édouard Bertrand, clerc de notaire, le musée constitue ses premières collections grâce à de nombreux dons. Statuettes, estampes, armes de la Manufacture de Maubeuge, faïences de La Manufacture de Ferrière-la-Grande, monnaies. objets d'art, objets archéologiques sont offerts et présentés dans deux salles de l'Hôtel de Ville de Maubeuge. De nombreuse personnes ont donc permis de rassembler une collection à l'image de la ville et de son Histoire. Désormais propriétaire d'une belle collection, le musée doit trouver un endroit pour accueillir les œuvres et le public.
En 1893, le musée emménage près de l'ancienne église Saint-Pierre-Saint-Paul dans un bâtiment que Sidonie Delmotte, veuve de Frédéric Fercot, lui a expressément légué, en plus de sa collection de tableaux, d'objets d'art et de mobilier. Elle souhaite en échange, que son nom soit attribué au musée, qui devient la même année le musée Fercot-Delmotte. L'année suivante, la ville fait sa première acquisition pour le musée : une oeuvre du peintre Roussel, deuxième grand prix de Rome et médaillé du salon, intitulée Lazare Carnot et le représentant Duquesnoy le soir de la bataille de Wattignies.

Edouard Bertrand (1840- 1924)
Fondateur du musée en 1878, il meurt en 1924 après avoir consacré bien des années au musée en tant que bénévole. Il voit son travail détruit dans la nuit du 3 au 4 décembre 1914. Hors des murs du musée, qu'il dirige jusqu'en 1924, il reste un acteur notable de la vie culturelle et artistique maubeugeoise et il prête son concours à toutes les œuvres de bienfaisance de la ville et de l'arrondissement. Son fils, René Bertrand-Boutée, devient sculpteur et érige plusieurs monuments aux morts à Maubeuge. Ce dernier a également fait des dons au musée de Maubeuge.

Sidonie Fercot-Delmotte (1827-1884)
Sidonie Delmotte a côtoyé Edouard Bertrand et a manifestement prêté un intérêt particulier au musée de Maubeuge. En effet, alors veuve, elle meure en 1884 sans enfants, et l'on découvre son testament, daté du 7 décembre 1882, qui mentionne son souhait de léguer au musée un immeuble entier, au numéro 3 de la place Mabuse et donnant sur la place Verte, en plein cœur du Maubeuge ancien. Son testament mentionne par ailleurs son souhait de voir le nom de Fercot-Delmotte attribué au musée. Elle prévoit également qu'Edouard Bertrand en soit le conservateur et puisse résider dans le même bâtiment.
Extrait du testament de Sidonie Fercot-Delmotte
"Je donne à la ville de Maubeuge, ma maison place Mabuse avec toutes ses dépendances, à la charge par la ville de Maubeuge, d'affecter spécialement cet immeuble à l'installation du musée, et réserver le premier étage pour y placer les tableaux et objets d'art que je laisse également à la ville de Maubeuge, pour former ce musée, qui devra porter le nom de musée Fercot-Delmotte. Je veux qu'une plaque commémorative placée au dessus de la porte principale du musée rappelle le nom de la donatrice. Je lègue à Edouard Bertrand, la place de conservateur, réversible sur son fils si ce dernier, a les capacités reconnues. Il devra occuper le rez-de-chaussée, une chambre à côté de la grande salle du rez-de-chaussée, plus la cuisine à l'entresol et la chambre y attenant, remise et cave."

Le musée de Maubeuge et la salle Sthrau
- La Première Guerre mondiale : la destruction du musée
En 1910, le bâtiment Fercot-Delmotte est vendu et le musée emménage au rez-de-chaussée de la salle Sthrau, qui devient la salle de musique en 1927. Le musée ne rouvrira au public qu'en 1913 mais aucune image de cette installation n'est connue à ce jour. Quelques mois plus tard, dans la nuit du 3 au 4 septembre 1914, les bombardements allemands provoquent l'incendie du centre-ville de Maubeuge et de la salle Sthrau, alors transformée en grenier à farine. Le musée disparaît presque entièrement dans les flammes et la grande majorité des œuvres n'a pas pu être sauvée.
- L'entre deux guerres : le musée à la salle Sthrau
Au lendemain de la Première Guerre mondiale, tout le musée est à reconstruire et ses collections à reconstituer. En 1926, Henri Boëz crée la Société des Amis de Maubeuge qui accompagne le nouveau conservateur du musée dans sa mission. Commandes, achats, dons permettent progressivement de recréer une collection qui se veut le reflet de la vie artistique locale. En 1936, le musée s'installe à nouveau dans la salle Sthrau, qui a été rénovée par les frères Lafitte en 1927, et peut à nouveau accueillir le public et des expositions d'artistes locaux par exemple. Quelques photographies nous offrent un aperçu de ce musée, en ce lieu, il y a 90 ans.

Maubeuge, musée Henri Boëz.
1936, les collections du musée sont installées dans la salle Sthrau. @Droits réservés

Evacuation des oeuvres en 1939
En 1939, l'administration des Beaux-Arts organise l'évacuation des oeuvres de musées de la région en prévision des risques de vols ou de destructions liées au conflit mondial. Le musée de Maubeuge est contacté afin de dresser une liste des œuvres dites majeures. Avec l'aide d'Ernest Gaillard, conservateur du musée de Cambrai, les œuvres sont évacuées d'abord vers le domaine de Beaumanoir en Normandie, avant d'être déplacées pour une raison inconnue. Les autres œuvres sont mises en sécurité dans les bâtiments municipaux.

Maubeuge, musée Henri Boëz, La grande salle au rez de chaussée (sculptures, peintures et vitrines)
La grande salle du rez-de-chaussée (sculptures, peintures et vitrines)

Le musée Henri Boëz
A la mort de Henri Boëz, en 1972, son nom est donné au musée en hommage à son travail. Laurence Hardy-Marais lui succède à la tête du musée et propose de nombreuses expositions. Malheureusement, le musée ferme ses portes en 1993 et les œuvres sont mises en sécurité, loin des yeux du public. En 2002, le musée reçoit l'appellation "Musée de France". Le musée possède des collections dont la conservation et la présentation au public recèlent un intérêt public. Il est donc agréé par l'Etat et bénéficie prioritairement de son aide. Ainsi le musée est placé sous le contrôle de la Direction régionale des Affaires culturelles des Hauts-de-France, service déconcentré du Ministère de la Culture.
Le musée existe donc toujours, ses œuvres voyagent pour être exposées dans d'autres musées de la région ou plus lointains, à l'exemple de la sculpture de Gustave Doré, La Gloire étouffant le Génie, prêtée en 2014 au musée d'Orsay puis au musée d'Ottawa (Canada), et le travail sur les collections continue. Les œuvres s'exposent, aussi bien sur les réseaux sociaux qu'aujourd'hui au travers de cette exposition (juin 2021), dans l'attente d'être à nouveau présentées au public de façon permanente.
Le musée alimente un projet de réouverture et espère bientôt pouvoir vous accueillir à nouveau.

Un récolement entamé en 2011
Le musée Boëz, qui avait le statut de musée contrôlé, est passé sous le label « musée de France » en 2002. Bien que communal, l’établissement est accompagné par l’État et doit remplir plusieurs missions : conservation, restauration, étude et rendre les collections accessibles à tous. Ceux qui gèrent le musée doivent également tenir un inventaire à jour des œuvres. S’est ajoutée en 2004, l’obligation de procéder au récolement, c’est-à-dire de localiser les pièces qui appartiennent au musée, les marquer, rendre compte de leur état et vérifier si l’inscription à l’inventaire est conforme. C’est une tâche immense. Ce travail nécessite beaucoup de temps passé aux archives et auprès de chaque œuvre. Le musée compte entre 1000 et 1500 pièces : un fonds de beaux arts, des peintures du XVIIe siècle, des toiles et des sculptures d’artistes régionaux, quelques céramiques, des objets mérovingiens..


Ci-dessous, quelques oeuvres des collections du musée Henri Boëz.

Maubeuge, musée Henri Boëz, Maubeuge, musée Henri Boëz,
Maubeuge, musée Henri Boëz,
Henry Sculfort
Sculpteur: Léon Fagel (entre 1890 et 1893). Terre cuite.
Don de Madame Marie, Eulalie, Clémence Sculfort
Sadi Carnot
Sculpteur: Léon Fagel (1895)
Plâtre patiné. Don de Madame Van Der Maelen.
Le poète Georges Dubut
Sculpteur: Léon Fagel (1895)
Terre cuite. Don de Madame Georges Dubut
Maubeuge, musée Henri Boëz,
Première traîne - Bronze
René Bertrand-Boutée
Don de l'auteur en 1956
Maubeuge, musée Henri Boëz,
Jeune fille à sa toilette (1872) Alexis Joseph Perignon
Toile (peinture à l'huile). Don de Madame Baurain
Maubeuge, musée Henri Boëz,
Fleurs de Maurice Ruffin (1953)
Huile sur toile
Maubeuge, musée Henri Boëz,
Petit tambour de Wattignies (maquette originale,1893 ou tirage 1911)
Sculpteur : Fagel Léon
Plâtre : H. 50, l. 60, P. 26
Maubeuge, musée Henri Boëz,
Sainte Aldegonde et Sainte Waudru.

Maubeuge, musée Henri Boëz,

Les fouilles Lutaud (1835- 1881)
Les amateurs et érudits locaux à l'initiative de la fondation du musée en 1878 étaient pour beaucoup passionnés d'archéologie. Et en effet, les fouilles aux environs de Maubeuge ont été nombreuses et le musée s'est longtemps employé à les soutenir, à l'exemple des archéologues Lutaud et Ozeel.
Le premier a réalisé des fouilles au cimetière de Limont-Fontaine et à Dourlers jusqu'en 1881 et a donné une partie du produit des fouilles au musée en 1886. Le musée de Maubeuge a donc une large collection d'objets archéologiques.

Maubeuge, musée Henri Boëz,
Henri Boëz (1892/1972) Aquarelle " Course de cyclistes - 1960 "

Maubeuge, musée Henri Boëz,
Léa, Léonie Dehay. @Droits réservés.


Camille Desmoulins par Henry-Etienne Dumaige, 2e moitié du 19e siècle, bronze.

Représenter l’histoire c’est aussi en représenter les grands personnages. Le musée Henri Boëz possède une représentation de Camille Desmoulins, personnage emblématique de la Révolution française.
En effet, avocat et journaliste, Camille Desmoulins est connu pour avoir pris la parole le 12 juillet 1789 dans les jardins du Palais Royal à Paris, incitant à prendre les armes et à utiliser la cocarde verte, symbole de l’espérance, comme signe de ralliement.
Symbole de l’élan du peuple, Desmoulins est une figure populaire qu’Henry-Etienne Dumaige montre ici en plein mouvement, au moment même de son discours, alors qu’il se lève pour haranguer la foule. Le mouvement est le maître mot de l’œuvre : le socle est très réduit, bras, pied et chaise en dépassent, comme si le mouvement ne pouvait être contenu, le chapeau est au sol. Le personnage est d’ailleurs dans un équilibre précaire.
L’œuvre condense donc le mouvement que Desmoulins est censé avoir insufflé à la foule ainsi que la spontanéité qui aurait été la sienne à ce moment-là.

Maubeuge, musée Henri Boëz.
Tableau de Germaine Dubut, pastelliste. Donation de Marguerite Masion
Maubeuge, Musée Henri-Boëz

Marguerite Masion est née le 15 avril 1869 à Rousies. Elle est l’épouse de Georges Dubut, homme de lettres et poète, avec lequel elle s’est mariée en 1892. Elle collabore avec son mari pour la rédaction du Journal d’un Bourgeois à Maubeuge, écrit sous l’occupation allemande de 1914-1918.
Sensible à la littérature, elle publie dans la revue « Le Hainaut » une Histoire de bêtes où elle défend la cause animale, sous le pseudonyme de Nosiam.
De plus, Marguerite est dotée d’un talent de pastelliste connu à Maubeuge et ses alentours notamment grâce à de nombreuses expositions locales dans les années 1930. Une fibre artistique dont la collection du musée de Maubeuge témoigne à travers près de dix de ses tableaux.
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, Marguerite perd son mari avant de décéder à son tour cinq ans plus tard, 27 juillet 1950 à Maubeuge âgée de 81 ans.

Maubeuge, musée Henri Boëz.
Portrait de la mère de l'artiste - Rosset-Ganger Édouard (1893)

Léa, Léonie Dehay fait partie d’une des nombreuses donatrices du musée Henri Boëz. Née le 9 novembre 1884 à Hautmont, elle est la sœur de Christa, Adèle Dehay de deux ans son aînée. Contrairement à sa sœur devenue épouse de l’artiste-peintre Edouard Rosset-Granger, Léa reste célibataire. À la fin des années 1940, Léa reçoit de sa sœur le tableau intitulé Portrait de la mère de l’artiste peint par son défunt mari. En effet, lors d’un déménagement, n’ayant plus d’emplacement pour l’exposer, Christa donne à sa sœur le portrait spécifiant son souhait que l’œuvre vienne rejoindre le Musée de Maubeuge à sa mort. Ainsi, suivant le désir de sa sœur décédée, Léa mentionne dans ses dernières volontés son souhait que le tableau soit légué au musée. Léa décède le 26 septembre 1979 âgée de 94 ans.

Maubeuge, musée Henri Boëz.
D’après un dessin de Bonnart fils, Scène galante ou La lettre, XVIIIe siècle,
estampe, éditée par les frères Poilly, Maubeuge, Musée Henri-Boëz.
Maubeuge, musée Henri Boëz.
Amor vile par ,Coqueret Pierre-Charles, 1802, estampe, 32,5 x 37,5cm

Pierre-Charles Coqueret, graveur français, réalise 5 planches en couleur d'après des fresques peintes par Raphaël et son atelier dans une salle de bain au Vatican à Rome. Ces petites figures grotesques à fond noir s'inspirent directement de celles des palais antiques et illustrent les différents amours. Ici, l'amour sans valeur se trouve tiré par des escargots. Mais notre angelot ne parvient pas à retenir ses escargots, ils se sont échappés !

Maubeuge, musée Henri Boëz.
L’Oiseleuse, (anonyme), 17ème siècle, huile sur toile marouflée sur bois,
32,7 x 26,6cm, Maubeuge, Musée Henri-Boëz

Au XVIIe siècle, les scènes populaires et légères sont courantes, à l’image de ce couple que le spectateur semble déranger en pleine sérénade. Loin de représenter un couple marié, la toile est ici plus proche de la scène de genre qui évoque ouvertement les loisirs des paysans et la licence présente dans les auberges.


Les photos ci-dessous sont publiées avec l'aimable autorisation de Joëlle, Marie Alice et Virginie, petites-filles d'Henri Boëz et de Colette sa belle- fille.

Outre les oeuvres présentées, certaines de ces photos nous permettent d'avoir une petite idée de ce que pouvait être le musée Boëz lorsqu'il était installé au Chapitre.

Maubeuge, musée Henri Boëz.
@Famille Boëz

Maubeuge, musée Henri Boëz.
1971 @Famille Boëz

Maubeuge, musée Henri Boëz.
@Famille Boëz

Maubeuge, musée Henri Boëz.
1958 @Famille Boëz

Maubeuge, musée Henri Boëz.
@Famille Boëz

Maubeuge, musée Henri Boëz.
1971 @Famille Boëz

Maubeuge, musée Henri Boëz.
1971 @Famille Boëz
Maubeuge, musée Henri Boëz.
1971 @Famille Boëz

Maubeuge, musée Henri Boëz.
@Famille Boëz

Maubeuge, musée Henri Boëz.
1959 @Famille Boëz

Remerciements à Lauren Brouillard responsable du musée Henri Boëz et des collections municipales pour sa contribution à la réalisation de cette page.

*Le musée Henri Boëz n'est pas ouvert au public actuellement. Un projet de réouverture mené par la Ville de Maubeuge est en cours.*

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1917, la parenthèse allemande du magasin "Au Pauvre Diable" transformé en musée pour y stocker les œuvres du musée de St Quentin.

Créer un musée alors que les combats font rage. C’est l’idée, qui peut sembler originale cent ans plus tard, que l’armée allemande va concrétiser à Maubeuge et qui est, en partie, l’objet d’une exposition au musée de la Chartreuse de Douai. « Face à la menace de destruction, l’armée allemande va décider d’évacuer les collections du musée de Saint-Quentin, dont celles de Maurice Quentin Delatour, à Maubeuge, tout cela dans un contexte particulier, de propagande », éclaire Anne Labourdette, conservatrice en chef du musée douaisien. La propagande : c’est bien là l’objet de cette création. Accusé de vouloir spolier les œuvres et de barbarie, notamment après l’incendie de la bibliothèque de Louvain (août 1914) et du bombardement de la cathédrale de Reims (septembre 1914), l’ennemi teuton, qui occupe Maubeuge depuis la capitulation de septembre 1914, souhaite véhiculer une meilleure image. En somme redorer son blason dans l’esprit collectif. « C’est très différent de la guerre de 1870. L’armement a évolué, l’aviation aussi. Il y a plus de destructions chez les civils. » Alors, quand les combats menacent Saint-Quentin, l’armée allemande évacue les œuvres. « Ça fait partie du Kunstschutz, service de protection des œuvres d’art créé par l’armée allemande, mis en place par Detlev Von Hadeln, lieutenant allemand et historien de l’art. » Guerre dans la guerre Maubeuge n’est pas un cas à part. Partout en France, la même stratégie est adoptée, y compris du côté français. Mais la position sambrienne est stratégique. Occupée depuis trois ans, située près de la frontière, la ville n’est pas menacée. Seul hic, son musée, lui n’est plus. Il a été détruit lors des premiers bombardements d’août 1914. Les Allemands vont donc choisir un magasin du centre-ville pour installer les œuvres. Située au numéro 4 de la place d’Armes (actuelle place des Nations), la grande boutique de trousseaux et lingerie "Au Pauvre diable" est retenue. Non content de stocker les œuvres, l’armée allemande va y recréer au printemps 1917 un véritable musée, ouvert aux militaires et à la population. « Il faut remettre dans le contexte d’une guerre longue. Après trois ans d’occupation, les Maubeugeois ont, entre guillemets, pris l’habitude, ont besoin de distraction. Si nous n’avons pas de chiffres, on sait que la population peu cultivée n’était pas sensible, mais la population éduquée l’était », poursuit Anne Labourdette. Expo sœur à Bavay Peintures, objets, sculptures, mobiliers, tapisseries… Les œuvres de Maurice Quentin de La Tour sont ainsi exposées jusqu’en 1919, année de leur retour au musée de Saint-Quentin. Une petite histoire dans la grande qui est actuellement racontée au travers de l’exposition « Sauve qui veut, 1914-1918, des musées mobilisés », dont le pendant archéologique est présenté au Forum antique de Bavay. Une façon d’en apprendre davantage sur cette guerre dans la guerre et sur une partie des préoccupations civiles et militaires en territoire occupé.
Source : La Voix du Nord du 16/05/2014

Maubeuge, musée du magasin Au Pauvre Diable


Maubeuge, musée du magasin Au Pauvre Diable


Maubeuge, musée du magasin Au Pauvre Diable


Source des photos du musée installé dans le magasin
"Au Pauvre Diable" : culture.gouv.fr

Maubeuge, musée du magasin Au Pauvre Diable
Au Pauvre diable, boutique de trousseaux et de lingerie accolée à l'église est retenue par
l’armée allemande pour y stocker les œuvres du musée de St Quentin, et recréer au
printemps 1917 un véritable musée, ouvert aux militaires et à la population.
Maubeuge, musée du magasin Au Pauvre Diable


Maubeuge, musée du magasin Au Pauvre Diable


Maubeuge, musée du magasin Au Pauvre Diable


Maubeuge, musée du magasin Au Pauvre Diable