Châteaux, Maisons fortes

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Le Château de Ruesnes

Le 4 avril 1336, sur l’intervention de Gérard dit Saussés d’Aisne, bailli de Hainaut, Gilles de Limoge, écuyer, sire de Beaudignies, cède au comte de Hainaut l’ommage monsigneur Hoston d’Ecaussines, de tieres, prés et revenues ou tieroit de Ruesne, tenu en fief lige. Depuis lors, la seigneurie de Ruesnes dépend du comte de Hainaut. De 1336 à 1426, la seigneurie relève de la puissante famille d’Ecaussines puis passe sous le contrôle de la famille des du Bois de Hoves jusqu’en 1547. A cette date, jusqu’en 1693, la seigneurie passe aux d’Andelot et en 1710-1719 aux d’Yzarn de Villefort avant d’être vendue aux Capy. A la fin de l’Ancien Régime, le château est propriété des Boursier jusqu’en 1852, des Camaret jusqu’en 1909 et enfin il est racheté par Amédée Hamoir. Dévasté durant la Première Guerre mondiale, il est cédé en 1922 à Georges Lambert de Beaulieu, puis de nouveau vendu en 1925 à M. Vaille pour être transformé en bâtiment agricole.
Les bâtiments les plus anciens, ceux de la ferme de basse cour, remontent au XVIIe siècle, dont une porte charretière portant la date de 1695. Ce sont de simples constructions à un seul niveau suivant les habitudes de l'architecture rurale de la région. Ils précèdent la demeure seigneuriale qui fut bâtie au XVIIIe siècle, trois ailes (dont l'une a été refaite au XXe siècle) divergent à partir d'un salon central en ovale ; outre les combles, chacune de ces ailes comporte deux niveaux percés d'ouvertures au cintre surbaissé. Les matériaux utilisés sont ceux qui étaient les plus usuels à cette époque, la brique pour les murs, le grès pour le soubassement et la pierre pour les encadrements des ouvertures. Il ne faudrait que peu de chose pour faire revivre le site encore décrit au siècle dernier comme un "lieu de délices"...
http://www.culture.gouv.fr

Le Château de Ruesnes en vue satellite.
Le château en vue satellite. ((Mappy)

Le Château de Ruesnes sur le cadastre de 1831.
Le château de Ruesnes sur le cadastre de 1831.
(Document des archives départementales du Nord)

Le château de Ruesnes sur les albums de Croÿ.
Le château de Ruesnes sur les albums de Croÿ.
Tome IX, Comté de Hainaut VI, Editions du Crédit Communal de Belgique.
Le Château de Ruesnes sur le cadastre de 1928.
Le château de Ruesnes sur le cadastre de 1928.
(Document des archives départementales du Nord)

Source : Gallica, Mémoires de la Société archéologique de l'arrondissement d'Avesnes. Bulletin Annuel (Comptes-Rendus des Séances, Excursions et Divers) N° 5, Année 1934.
Le château de Ruesnes ne nous offre que des restes, bien maigres hélas, d'un passé qui, dit-on, fut brillant. Sans doute, il n'apparaît pas que, comme le château fort de Potelle, il ait été le témoin de faits historiques, ni même qu'il ait appartenu à des seigneurs de haut lignage, -cependant la porte charretière qui donne accès à la métairie est surmontée d'une pierre à blason mutilé, ornée d'une gracieuse coquille et qui porte la date de 1695. Et la tour carrée, qui se dresse encore, fière et trapue au milieu de la cour de ferme, présente l'aspect, à sa base, d'un solide rempart pour se terminer par un toit pointu d'ardoises lustrées d'où s'échappent des vols de pigeons. Le château proprement dit subsiste au milieu d'une prairie et montre des constructions en briques et pierres blanches assez bien conservées mais sans aucun caractère monumental et d'un XVIIIe siècle très mitigé. L'intérieur absolument délabré depuis la dernière guerre nous montre néanmoins un vestibule ovale de forme élégante et les débris, d'une grande salle à pilastre de stuc, dont les boiseries absentes ont été dispersées après la dévastation de 1918. C'était en somme une belle et riche habitation de plaisance, n'ayant rien du manoir moyenâgeux, édifiée dans un site que la main de l'homme a dû contribuer largement à embellir. La vue des fenêtres du château donne, d'un côté, sur le fin clocher de la vieille église proche et sur une pièce d'eau asséchée ; de l'autre, sur un parc transformé en prairie, qui devait s'étendre loin dans la campagne environnante. Si nous en croyons Mme Clément Hémery dans ses « Promenades dans l'Arrondissement d'Avesnes » ce fut autrefois un lieu de délices et les propriétaires de cet heureux domaine avaient réussi, à force d'ingéniosité et de .travail, à transformer ce coin de plaine assez banal en un site pittoresque où l'on pourrait évoquer la « Carte du Tendre ». Et de fait, il semble que cet auteur n'ait pas trop forcé la note car en nous promenant parmi les herbes folles de ce. que fut le parc, aux frondaisons aujourd'hui absentes. nous rencontrons des colonnes tronquées, des socles veufs de leurs statues, des rocailles, des vestiges de tour et de rochers artificiels, des canaux aux trois quarts comblés, des bassins de marbre sous les arbustes envahissants... Et nous pouvons, en imagination, revivre le charme de ce plaisant séjour, au passé jadis brillant, avec son lac d'Amour, ses Bosquets de la Mélancolie, sa Montagne de la Solitude, sa tour de ma Soeur Anne, sa grotte de Calypso où abordaient sur de frêles esquifs, sous des rideaux de vigne vierge, des personnages à la Watteau, attirés vers une nouvelle Cythère.... En reprenant nos voitures, sur la petite place toute proche du village, nous jetons un coup d'oeil sur le monument aux Morts de la Grande Guerre, et l'on est agréablement surpris de ne trouver ni le Poilu en rodomontade, ni le coq gaulois gonflant ses ailes, ni le pan de mur brisé... L'artiste s'est simplement borné, en représentant trois figures de femmes portant une urne funéraire, aux draperies à la grecque, à la ligne sculpturale, à reproduire ou à s'inspirer d'un de nos beaux groupes de la statuaire classique. Et l'Art et le Goût n'y ont rien perdu.

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