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Le Château de Potelle


Le Château de Potelle
Le châtelet d'entrée date des XIIIe et XIVe siècles.

L'édifice doit à la robustesse de sa maçonnerie de grès taillé d'avoir préservé l'essentiel de son caractère médiéval. Protégée par de très larges douves alimentées par des sources et traversée par la Rhônelle, son enceinte polygonale irrégulière renforcée de tours cylindriques a conservé ses gros murs extérieurs, où l'on remarque, à côté de nombreuses meurtrières bouchées, plusieurs fenêtres à meneaux de pierre.
À l'origine précédée d'un pont-levis et défendue par une herse et un assommoir, l'entrée est prise entre deux tours rondes percées de longues archères élargies postérieurement pour permettre le passage des armes à feu. Les anciennes dépendances qui occupent le fond de la cour ont été privées de leur étage après l'incendie de 1640. La tour ronde qui leur fait suite renferme une prison, authentique cul de basse fosse accessible par un œil percé au centre de la voûte, et muni de latrines donnant dans les douves, au-dessous du niveau de l'eau. La petite tour en encorbellement à l'extrémité du corps de logis, d'abord cylindrique, puis quadrangulaire, se prolongeait en haute guette détruite en 1793. La destruction de la tour et de la galerie qui faisaient face au corps de logis a permis au début du XVIIIe siècle d'ouvrir largement la cour sur le parc.
En fait il existait probablement un castrum dès 1203. Deux tours en demi-cercle outrepassé encadrent la porte d'entrée. Chacune comporte un étage bas et voûté, dont le mur est percé de 3 embrasures à 2 ouïes pour armes à feu. Le dispositif de défense de la porte est encore visible : l'encoche pour le pont-levis, l'assommoir ouvert dans la voûte, les rainures de la herse ou de la porte coulisse. La porte donne accès à la cour autour de laquelle se répartissent les différents bâtiments. Bien que le châtelet d'entrée ait perdu ses parties hautes crènelées, remplacées par une frise de brique et une toiture en ardoise et que des fenêtres percent le haut de la muraille, le château garde néanmoins son aspect de forteresse médiévale.


Le Château de Potelle
Détail de la charpente reliant les tours du châtelet.
Le Château de Potelle
L'ancien pont-levis et le pont en pierre, donnant sur le parc ont été restaurés en 2012.

La poutre de Gloire de la chapelle du château de Potelle.
La poutre de Gloire de la chapelle du château.

Groupe de statues en bois polychrome taillées en ronde bosse de deux dixièmes plus petites que la grandeur nature. Sur la poutre de gloire : statues de Marie de Magdala, la Vierge Marie, saint Jean et deux soldats qui entourent le Christ en croix. La date de 1804 est gravée sur la poutre qui soutient les personnages. Transcription de l'inscription dans un cartouche chantourné au bas de la croix : DIEU MEURT POUR SAUVER LES PECHEURS. Les personnages datent du 16e siècle, le reste du 17e siècle. Un incendie a eut lieu en 1793 à la suite duquel le bois a été remplacé en 1804.

Les dépendances du château de Potelle.
Les dépendances du château de Potelle vues de la tour.

Le château de Potelle sur le cadastre de 1831.
Le château de Potelle sur le cadastre de 1831.
(Document des archives départementales du Nord)
Chapelle du château de Potelle.
La chapelle du château.

À l'origine, la chapelle du Château de Potelle se trouvait à l'extérieur de l'enceinte du château. En 1519, elle fut déplacée par Charles de Carondelet (fils de Jean de Carondelet, Grand chancelier de Flandres et de Bourgogne qui avait racheté Potelle en 1491 à Antoine de Mortagne) à l'intérieur de l'enceinte et fut consacrée à Saint Nicolas, par son frère Jean de Carondelet, archevêque de Palerme, dont on trouve le portrait au Louvre peint par Mabuse. Une statuette du saint patron se trouve au-dessus de l'entrée. On trouve un fragment de la pierre tombale de Willes de Mortagne portant l'inscription : "Willes fit cette mason, Château de Potelle Chevalier fu de grand renom, En 1333, Passa de la mort les destroys, Des loyaux fu bons amis, Et fu son ame en paradis".

Les armoiries du château de Potelle.
Les armoiries du château.
Photos de Sylvie Meunier.
Le château de Potelle, vue satellite
La vue satellite du domaine permet de voir
les différentes transformations réalisées depuis 1831.


Source : Gallica, Mémoires de la Société archéologique de l'arrondissement d'Avesnes.
Bulletin Annuel (Comptes-Rendus des Séances, Excursions et Divers) N° 5, Année 1934
Notice historique sur le Château de Potelle par M. Du Sartel.

A une demi-lieue du Quesnoy, le château de Potelle est construit dans un agréable vallon creusé par la Rhonelle dont les pentes couvertes de bois le protègent au Nord.
Sa proximité du Quesnoy le fit souvent considérer comme un bastion avancé de cette place forte et lui valut de souffrir des nombreux sièges qu'eût à soutenir cette forteresse.
Le château qui existe actuellement fut bâti vers la fin du XIVe siècle (1390), peut-être déjà à l'emplacement d'un autre plus ancien.
Le château fut bâti par Willes seigneur de Mortagne ou de Potelle (c'est la même famille). Willes avait combattu en Angleterre et ses descendants habitèrent le manoir jusqu'à ce que la fortune de cette puissante famille se trouvât cruellement atteinte, en 1433, par l'aventure tragique d'un autre Gilles de Mortagne.
Ce seigneur avait été élevé à la cour de Marguerite de Bourgogne et était resté attaché à sa personne. Cette princesse avait auprès d'elle sa fille Jacqueline de Bavière comtesse de Hainaut. Le duc de Bourgogne, Philippe le Bon, neveu de Marguerite, dépouilla sa jeune cousine après lui avoir fait subir d'indignes traitements. Révolté par l'attitude du duc vis-à-vis de sa suzeraine, Gilles fit, dit-on, le projet d'assassiner Philippe le Bon en forêt de Mormal. Découvert, il fut jugé et décapité à Mons avec un de ses valets. Ses biens furent vendus au nom et par autorité du souverain, en 1433.
Ils furent achetés par Anthoine de Croy et revendus peu après à la soeur de Gilles, Jeanne de Poitiers.
En 1477, Louis XI vint mettre le siège devant Le Quesnoy ; il ne l'enleva qu'après un siège très dur où il dut faire la brèche avec toute son artillerie et livrer un assaut général. Le château de Potelle fut complètement incendié. Il devait attendre 60 ans pour être réparé.
Le Grand Chancelier de Bourgogne, Jean XI de Carondolet, qui avait négocié le mariage de Marie de Bourgogne avec Maximilien d'Autriche et qui fut le tuteur de Philippe le Beau, acheta d'Anthoine de Mortagne la seigneurie de Potelle, en 1490. On trouve encore aux archives du château un état estimatif de cette terre où il est dit notamment :
A en icelle Seigneurie ung beau, grent et fort castelet tous enclos de bonnes espèces murailles. Auquel a plusieurs belles thours et autour beaux édifices. Pour entrer dans la place, a une très belle porte crenellé haulte et élevée et enthour beaux et larges fossez, non à terre seque mais toujours pleins d'eaux vives ; la place qui est bien assemblée et édifiée située près du Quesnoy et a un petit get de pierre près d'une petite rivière passant en la seigneurie dont les édifices quant aux bors et couvertures ont été brulez et démolis par les guerres. Néanmoins, la machonnerie et muraille est demeurée en son entier, réserve une petite partie des édifices dedans oeuvré qui assez tôt et à peu de dépens serait réparée, et combien que la place au point qu'elle est ne fut oncques faite pour... escus d'or ».
Charles de Carondelet, 3e fils du Chancelier, hérita de la terre de Potelle et fit rebâtir la chapelle dans la basse cour « pour plus de sûreté ». Il mourut sans postérité et c'est son frère Jean, archevêque de Palerme qui en recueillit l'héritage. Ce fut lui qui consacra la chapelle.
Mais jusqu'ici, aucun de ses maîtres n'habite le château. C'est Ferry de Carondelet, neveu de l'archevêque, époux de Catherine d'Esnes, qui le reconstruisit complètement de 1539 à 1541, y compris les dépendances et c'est pourquoi ses armoiries accolées aux écus d'Esnes décorent les pilastres de la porte d'entrée.
Ce fut pour le pays le début d'une ère de tranquillité qui dura près d'un siècle malgré quelques escarmouches dans la région au XVIIe siècle. Mais en 1654, Turenne ayant levé le siège d'Arras vint s'emparer du Quesnoy ; un incendie se déclara dans le château, des matériaux furent enlevés, la grande flèche en bois du bâtiment de la grande salle fut détruite.
En 1712, les Hollandais et les Français se disputent la ville du Quesnoy et le malheureux château, considéré comme un véritable fort avancé se voit imposer garnison et, pris et repris, il est finalement encore incendié, ses bois rasés, quand le maréchal de Villars s'empare définitivement du Quesnoy après la bataille de Denain.
En 1793, les armées coalisées viennent encore mettre le siège devant Le Quesnoy et le 17 août au matin, les travaux d'approche occasionnent un nouvel incendie : tout est brûlé, le château, dont la grande tour carrée et la voûte de la grande salle s'écroulent, la chapelle, les dépendances. Il est restauré en partie par Maximilien de Carondelet et son fils le baron Albert, chanoine de l'église Métropolitaine de Cambrai.
Mais en raison de l'insécurité et de la dureté des temps, ils n'en refirent pas les créneaux ni ne reconstruisirent la belle tour du guet.
Le mur et la galerie qui masquaient la vue vers les jardins furent démolis en 1700 en même temps que l'on nivelait la voûte de la plate cave. Le puits qui se trouvait au milieu de la cour fut comblé en 1660.
La grande guerre ne l'a pas non plus épargné : les obus, le pillage l'avaient laissé dans l'état le plus lamentable. Les murs seuls étaient encore debout. Il fallut encore une fois panser les plaies et ce que vous voyez est tout de même un mutilé de toutes les guerres.
En dehors du château, mais dans son enceinte, s'élève la chapelle, intéressante par ses pierres tombales et par un superbe calvaire en bois sculpté et polychromé du moyen âge.

Le Château de Potelle
Le château de Potelle, ses douves et son écrin de verdure. Photo d'Elio Congiu. La caméra est accrochée sous un cerf-volant. L'Avesnois vu d'en haut.

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