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Le Château de Bérelles


Façade sud du Château de Bérelles.
La façade sud du château de Bérelles.

Pierre tombale de Philibert-François de Milot et de Marie-Françoise de Maldonade de Bérelles - 1713
Plaque funéraire datée 1713
de Philibert-François de Milot et de Marie-Françoise de Maldonade de Bérelles.

Le Château de Bérelles.
Source Gallica : Bulletin de la Société d'Études de la Province de Cambrai
(Histoire de Flandre, Tournaisis, Cambraisis, Hainaut, Artois) Tome XXVIII, 1928.
Nous nous sommes occupé dans le chapitre précédent des familles seigneuriales de Bérelles. Il nous reste à parler de leur résidence Rappelons d'abord, que souvent, les seigneurs ou les propriétaires, dans leurs baux, stipulaient que les fermiers devaient conduire leurs dîmes dans un immeuble qui leur sera désigné. Pour cette cause, l'immeuble s'appelait " La grange de la dîme ". Telle fut vraisemblablement la condition des censiers des seigneurs de Bérelles, jusqu'au XVIe siècle, époque à laquelle fut construit, nous disent plusieurs chroniqueurs. un château-ferme fortifié.
Les petits châteaux de nos villages étaient, en effet, souvent des châteaux-fermes comme il y en a encore beaucoup de nos jours, comprenant l'habitation du seigneur, une maison pour le fermier-concierge et les terres de l'enclos de la propriété du seigneur, constituant la ferme seigneuriale avec la grange, les étables et autres annexes. La cense était louée à un particulier avec les terres et les prairies, et formait un manoir. Quant au château, il était la demeure ou le pied-à-terre du seigneur.
Ici, se pose une question : Sur quoi se basent les annalistes pour dire que le château-ferme de Bérelles fut construit au XVIe siècle ? Nous l'ignorons. Est-ce sur les quelques parties, encore debout, du vieil édifice, parties qui ont échappé à l'incendie au XVIIe siècle ? Est-ce sur les deux portes qui se trouvent actuellement encore dans le vestibule et donnent accès aux salles de gauche et de droite ?... Nous ne savons. Ce qui est certain, c'est que ces portes, ainsi que leur encadrement, sont bien de cette époque. Quoiqu'il en soit, à ces documents, modestes sans doute mais non dépourvus de valeur, il nous est possible d'en ajouter d'autres, et de préciser que le château-ferme de Bérelles fut construit entre les années 1555 et 1575. Notre témoignage repose sur le cahier des XXèmes conservé aux archives de l'État à Mons. En effet parmi les imposés, durant les années 1554 et 1555 (Le relevé des impositions de Bérelles manque de 1555 à 1575), il n'est fait aucune allusion à la taxation des fermiers du seigneur de Bérelles. Donc, la cense n'existait pas à cette date, ou elle était en construction, peut-être. En consultant l'exercice 1576-1577, nous lisons : " Reçu pour les XXèmes... de Meurisse Fourment, censsier de la petite censse de Madame la marquise de Berghes, comprenant une maison, grange, estables, cour, pâturages,prés, terres, etc. " Reçu de Collart de Roeuls censsier de la petite censse de Madame la marquise de Berghes, comprenant une maison, une grange, jardin, prêts, terres, etc... ". Ces renseignements nous donnent donc d'une manière aussi précise que possible, la date de la construction des immeubles.
Dans le Dictionnaire topographique de l'arrondissement d'Avesnes (par Chevalier), nous lisons : L'ancien château-fort des seigneurs de Bérelles fut détruit au XVIIe siècle. Il fut reconstruit en 1704 et accroché à l'Est de la route, au penchant d'un coteau, en face d'un petit bois montueux dont il est séparé par la vallée du ruisseau. Suivant en cela l'exemple de plusieurs autres seigneurs, celui de Bérelles ne construisit plus son château à l'emplacement de l'ancien manoir. Celui ci se trouvait à l'ouest et à 40 mètres environ de la route, sur l'autre versant de la vallée. La levée de terre ou rempart qui fortifiait le château était encore bien apparente, il y a peu de temps, et l'emplacement des fossés qui en baignaient le pied constituait naguère encore une prairie humide que l'on a assainie.
En outre, quand Monsieur Dusart fit construire en 1800 la scierie à bois, on mis à découvert des substructions importantes provenant des bâtiments dépendants de l'ancien château, des murailles d'environ un mètre d'épaisseur et d'une solidité telle, qu'on brisa les pierres plutôt que de les désagréger du ciment qui les liait. M. Dusart a même tiré parti d'un caveau qu'il a retrouvé intact, pour y déposer le pétrole à l'usage de son usine.
Au sujet de cette reconstruction du château de Bérelles nous avons plusieurs observations à présenter : La date de 1704 est exacte ; elle est tracée en briques, saillantes dans la muraille postérieure de l'édifice. Cette reconstruction eut donc lieu du temps de Nicaise de Maldonade et probablement sous sa direction ; malheureusement, il faut bien l'avouer, l'édifice, aux murs massifs, flanqués de tourelles, est lourd et sans élégance.
Quant au " déplacement " du château, on se demande sur quels faits s'appuie cette affirmation que le seigneur de Bérelles " suivit en cela l'exemple de plusieurs autres seigneurs ", alors que des chroniqueurs et des annalistes autorisés disent au contraire; que quelques parties du vieil édifice sont encore debout ; elles ont échappé à l'incendie et sont conservées dans les bâtiments reconstruits en 1704.
Le château a pu être reconstruit, moins vaste, quant à ses dépendances surtout, mais sur l'emplacement primitif, ce qui n'empêche nullement le fossé qui le fortifiait d'être apparent encore, deux siècles plus tard, à une distance de 40 mètres environ du château actuel. Les murailles et la cave, dont il est question, ont pu être les murailles et la cave, non du château proprement dit, mais des dépendances du château, à l'usage du fermier, des domestiques, des cochers, etc...
L'endroit indiqué par Jennepin (Légendes du pays d'Avesnes.) est fort près d'un chemin de grande communication, ce qui semble plutôt contraire aux usages suivis à cette époque pour les constructions de châteaux seigneuriaux destinés à servir de défenses. Enfin, on peut ajouter que l'église est proche du château et que son entrée y fait face.
Après la Grande Tourmente, les immeubles et presque toutes les terres de l'ancienne seigneurie de Bérelles, retournèrent à la même famille du Sart.
Pendant les années qui précédèrent l'aliénation de ses biens, le Baron de Molembaix, faisait de son château une maison de campagne ou un pied-àterre. On le voyait surtout à Bérelles aux époques de la chasse et de la vente des bois. Cet état de choses dura jusqu'en 1895, date à laquelle M. Auguste-Octave-Christian du Sart, baron de Molembaix, vendit pour un prix ferme le domaine de Bérelles à MM. Jules Ourael et Alfred Vandamme. Il ne fut passé aucun acte constatant cette cession et M. le Baron de Molembaix donna aux deux acquéreurs procuration à l'effet de vendre ce domaine. Au moyen de cette procuration, MM. Ourael et Vandamme cédèrent une partie du domaine, puis il fut passé acte de vente à leur profit de tout ce qu'ils n'avaient pas cédé ; cet acte eut lieu le 28 février 1895. A cette date, MM. Ourael et Vandamme abandonnèrent les immeubles dont ils venaient de se rendre définitivement acquéreurs, à M. Le Moinier.
Cette cession eut lieu à titre d'échange, et en contre-échange, M. Le Moinier leur laissa sa ferme de Sars-Poteries (Étude de Me Henri Declemy, notaire à Solre-le-Château.)
Voilà donc M. Le Moinier, propriétaire du château seigneurial de Bérelles et de ses dépendances. C'est lui, qui le 13 mai 1919, vendit en bloc à M. Ulysse Émile Rouvière : Une propriété sise à Bérelles, dite le château de Bérelles, construite en pierres et briques, couverte en ardoises, comprenant : la maison d'habitation, composée de plusieurs places basses et hautes, caves, grenier, logement du concierge, écurie, grange, remises, chenil et toutes les dépendances, lieu dit " Ferme du château ", avec avenues, jardins, parcs, étangs, bois, prairies, prés, digues, chapelle, chemins particuliers, ruisseaux, le tout d'un seul tenant, au nouveau cadastre sous la Section A, lieux dits la Ferme du Château, la couture St-Pierre, le Trieux à faux, les Coulées, le Grand Rez, le Petit Rez, la Grande Vignette et la couture de la ferme d'En-Bas, pour une contenance de 78 hectares, 55 ares, 46 centiares, dont 43 hectares, 89 ares, 60 cent. en bois, et 33 hect. 38 ares, 62 cent. en prés, pâtures, terres, etc. A ce qui précède s'ajoutent : 90 ares 80 cent. en étangs et 36 ares 44 cent. en sol de bâtiments, jardin et dépendances, le tout tenant à la route de Solre-le-Châtean, à celle de Solrinnes, aux territoires de Solrinnes, d'Eccles etc... une maison sise route de Solrinnes, lieu dit : la Croisette, avec une pâture ; une maison, lieu dit : la Couture, avec une petite pâture ; une maison, lieu dit le Village ; une propriété sise lieu dit Pendant d'Eccles et Les Chauffours en nature de bois, prés, pâtures et terres ; plusieurs bois, lieux dits : les Chauffours Ferme de la Brique - Grand Trieux - Grand Rez et Neuf Bois.
Le nouveau propriétaire, M. Ulysse Rouvière, a fait exécuter d'heureuses transformations, dans les bosquets, les bois, les prairies et les avenues; il a multiplié et agrandi les dépendances de la ferme il a fait d'importants changements dans la maison d'habitation et transformé une ancienne demeure, à l'aspect sombre, en un séjour charmant. Ces constructions nouvelles, tout en apportant à l'immeuble le confort moderne, ont laissé à l'ancien château des seigneurs de Bérelles son caractère particulier.

Château de Bérelles en 1928.
Deux photos du château de Bérelles vers 1928.

Un château fort existait à cet endroit au XVIe siècle. Il fut détruit au XVIIème siècle.
Les fers d'ancrage de la façade indiquent 1704 date de sa reconstruction due à Philibert-François de Milot et de Marie-Françoise de Maldonade de Bérelles dont on trouve la pierre tombale datée 1713 dans l'église.
En 1829, Madame Clément Hémery indique: "il n'y a rien à voir ici qu'un château sans souvenirs. Ce château ou plutôt cette maison de campagne, car dans ce pays ces mots sont souvent employés l'un pour l'autre, appartenait à M. le baron du Sart de Molembaix qui le fit modifier au XIXème siècle.
L'ensemble est en brique et pierre bleue, sauf les ajouts du XXe siècle en ciment et béton. L'édifice de plan quadrangulaire, est flanqué de deux tours carrées saillant fortement au nord. Ces tours sont coiffées d'un toit en pavillon avec égout retroussé classique en Avesnois; une sorte de clocheton termine ces toits. La façade sud, entièrement en brique, avec baies en plein cintre, date du XIXe siècle. Contre la façade nord et entre les tours existe un collage moderne masquant les anciens niveaux de soubassement.
De nos jours, certains vestiges de ce château sont encore visibles. Cette demeure, aux murs massifs flanqués de tourelles, s'élève sur le versant sud d'un coteau en face d'un petit bois qu'il domine de ses terrasses.
Le parc abrite un oratoire de 1809, dédié à Saint Pierre.
Source texte : http://www.chateau-fort-manoir-chateau.eu

Le château de Bérelles sur le cadastre de 1828.
Le château de Bérelles sur le cadastre de 1828.
(Document des archives départementales du Nord)
Vue satellite du château de Bérelles.
Vue satellite du château de Bérelles. (Mappy)

Oratoire de 1809 dédié à St Pierre
Oratoire de 1809 dédié à St Pierre dans le parc du château.

Château de Bérelles en 1928.
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